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mardi 15 décembre 2020

La mariée de corail... là tu parles!

Ce n'était pas dans mes plans de lire la suite de Nous étions le sel de la mer de l'auteure québécoise Roxanne Bouchard, roman qui m'avait déçue, c'est le moins que je puisse dire (voir mon billet). Ca prenait bien mon amie Nicole pour me donner le goût de lire la suite...


La Mariée de corail (Éd. Libre Expression, 2020, 384 pages).

Sous l'eau, elle semblait flotter. Maintenant, son vêtement lui colle à la peau comme une algue encombrante. Sous l'eau, elle aurait pu devenir du corail. On aurait fait des bijoux avec ses ossements. Mais elle a décidé de remonter vers la surface. »Quand Joaquin Moralès est appelé à enquêter sur la disparition d'une capitaine de homardier, il hésite : son fils vient tout juste de débarquer chez lui, soûl comme un homme qui a tout perdu. Mais lorsque le corps d'Angel Roberts est retrouvé, il ne tergiverse plus, car cette femme, c'est aussi la fille de quelqu'un. La mer, dans ce roman policier poétique, évoque la filiation et fait remonter à la surface les histoires de pêcheurs, véridiques ou réinventées, de Gaspé jusqu'au parc Forillon.


Dès les premières pages, j'ai su que la plume de Bouchard avait changé, qu'elle avait corrigé les irritants du premier roman, qu'elle avait maturé. La trame est plus solide, les personnages (tellement) moins caricaturaux, les descriptifs moins clichés. Le suspense commence tôt et englobera habilement d'autres histoires en parallèle. Les rebondissements m'ont empêché de fermer le roman plus d'une fois. La lecture préalable de Nous étions le sel de la mer aide à la compréhension du contexte (même si on le connaît...) et des personnages... Ce ne sera pas un supplice, inquiétez-vous pas!

P.S. Merci Nicole!

samedi 12 décembre 2020

Roxane Bouchard... pour lire «léger»

Nicole, ma référence en lecture, venait de le lire et avait apprécié son rythme (elle voulait lire «léger»). Nous étions le sel de la mer, de Roxane Bouchard, publié aux Éditions VLB en 2014 (350 pages). J'avais vu passer des commentaires favorables lorsqu'est parue la suite de cette série (parce que ce sera apparemment une série), La Mariée de corail.



« C'est Vital. Ça a l'air qu'il a ramassé un cadavre dans ses filets. Il l'a dit dans sa radio. Tu veux qu'on t'en raconte, des histoires de marins ? Reste avec nous autres pis tu vas en voir, la p'tite ! » Ce matin-là, Vital Bujold a repêché le corps d'une femme qui, jadis, avait viré le cœur des hommes à l'envers. En Gaspésie, la vérité se fait rare, surtout sur les quais de pêche. Les interrogatoires dérivent en placotages, les indices se dispersent sur la grève, les faits s'estompent dans la vague, et le sergent Moralès, enquêteur dans cette affaire, aurait bien besoin d'un double scotch.


Je vais être franche. Moi, le patois de la Gaspésie-Iles de la Madeleine, je m'en lasse vite. Et dans ce roman, Bouchard s'en sert à profusion pour que le lecteur identifie les personnages tout au long du roman. Et ça, ça m'a énervée au point de faire comme Nicole avec les romans islandais ou suédois, c'est à dire «sauter» les tics langagiers «caricaturaux» pour aller à l'essentiel du dialogue. J'ai par contre beaucoup aimé l'insertion des passages de la lettre laissée par la mère à sa fille. C'est plein de poésie et de profondeur. C'est bien écrit, sans longueurs, avec peu d'invraisemblances compte tenu des us et coutumes de cette région. C'est un roman policier au rythme lent et sans grandes surprises, parce qu'il y a un enquête, mais la trame est toute autre à mon avis, même si pas très claire;  elle se précise dans le dernier tiers du roman heureusement. Même si j'en recommande la lecture, je ne sais toujours pas si je lirai la suite.