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samedi 7 novembre 2020

Un calligraphe décevant!

Après le premier chapitre du Le calligraphe d'Hisaki Matsuura (Éd. Payot et Rivages, 2020, 300 pages), je me suis demandé dans quoi je m'étais embarquée, pourquoi j'avais ce roman dans ma bibliothèque... Je m'étais laissé séduire par la couverture? par le contexte japonais? par le genre (roman noir)? Mais j'allais le lire au complet parce que certains indices me laissaient croire que j'avais quelque chose de bien entre les mains. 

Otsuki, un ancien toxicomane qui a décroché de l'université et se laisse entretenir par des maîtresses, vit une existence de parasite à Tokyo. Une rencontre fortuite avec un ancien collègue le mène à accepter un emploi auprès d'un mystérieux maître calligraphe. Otsuki plonge petit à petit dans un cauchemar labyrinthique, à travers les bas-fonds miteux d'un enfer urbain peuplé de personnages troubles et criminels. Un univers étrange et sensuel qui évoque Murakami, Edogawa Ranpo, Kyotaro Nishimura ; une écriture poétique qui mène une réflexion métaphysique sur la calligraphie, la sexualité et le temps.

Mon avis. Et bien non, je ne l'ai pas lu au complet. A vingt pages de la fin, j'ai abdiqué! Chose que je fais très très rarement, jamais pour ainsi dire. Pourtant, vers les deux tiers du roman, je commençais à apprécier les personnages, le rythme lent, la sensualité du texte, les timides rebondissements, et voilà qu'on retombe dans la même confusion qu'au début. C'en était trop pour moi! Décevant...

dimanche 27 septembre 2020

La Proie de Deon Meyer

La lecture de son 13 heures (Éd. Seuil, 2011) m'ayant laissé un bon souvenir de Deon Meyer, son dernier roman, La Proie (Éd. Gallimard, 2020, 576 pages) m'a donné l'envie de revisiter l'Afrique du Sud et sa plume.

Résumé. Au Cap, Benny Griessel et Vaughn Cupido, de la brigade des Hawks, sont confrontés à un crime déconcertant : le corps d’un ancien membre de leurs services, devenu consultant en protection personnelle, a été balancé par une fenêtre du Rovos, le train le plus luxueux du monde. Le dossier est pourri, rien ne colle et pourtant, en haut lieu, on fait pression sur eux pour qu’ils lâchent l’enquête. À Bordeaux, Daniel Darret, ancien combattant de la branche militaire de l’ANC, mène une vie modeste et clandestine, hanté par la crainte que son passé ne le rattrape. Vœu pieux : par une belle journée d’août, un ancien camarade vient lui demander de reprendre du service. La situation déplorable du pays justifie un attentat. Darret, qui cède à contre cœur, est aussitôt embarqué, via Paris et Amsterdam, dans la mission la plus dangereuse qu’on lui ait jamais confiée. Traqué par les Russes comme par les services secrets sud-africains, il ne lâchera pas sa proie pour autant…

Mon avis. D'abord, la traduction est bonne et les chapitres sont courts, ce que j'aime bien! Mais ça m'a pris du temps avant d'embarquer dans l'histoire... Étant donné le nombre de pages, j'ai décidé de continuer au-delà des cent premières, alors qu'on survole deux crimes impliquant Griessel et Cupido, les enquêteurs de la série Benny Griessel. Au fur et à mesure qu'on avance dans le roman, les histoires se rapprochent et finiront (désolée de dévoiler ce punch) par ne faire qu'une. Personnages attachants, vraisemblables. Le contexte socio-politique de l'Afrique du Sud est omniprésent, évidemment! En dépit de quelques relâchements de l'histoire (Griessel qui craint que sa blonde refuse de l'épouser, Cupido qui veut impressionner le fils de sa conjointe...), l'action se pointe enfin et le rythme s'accélère. Ce n'est pas un roman marquant de Meyer, mais il donne un point de vue éclairé sur la politique de cette partie du continent africain.

samedi 11 janvier 2020

Andrée A. Michaud : Tempêtes

Mon deuxième Andrée A. Michaud, et sûrement pas le dernier!

Dans ma recherche d'un bon résumé de ce roman, je suis tombée sur cet article de Marie-France Bornais (Journal de Mtl ,12 octobre 2019) qui résume bien et le roman et l'esprit du roman de 287 pages numériques paru en septembre 2019.
Auteure du best-seller Bondrée, un roman récompensé de plusieurs prix, Andrée A. Michaud propose dans Tempêtes une histoire inquiétante, sombre à souhait, où la folie se faufile à travers la fureur des éléments. Cette histoire déroutante se déroule sur deux saisons, d’un versant et de l’autre de la mystérieuse Cold Mountain. Frissons d’horreur garantis.Quelque part dans les montagnes qu’on devine être dans le sud-est du Québec, Marie, une femme seule, vient d’emménager dans une maison léguée par son oncle, mort mystérieusement. Déterminée à découvrir la vérité (meurtre ou suicide ?), elle est freinée dans sa quête par un blizzard effrayant. Son histoire s’imbrique dans le deuxième récit, se déroulant en pleine canicule. Cette fois, c’est un homme, seul sur un terrain de camping, qui est surpris par de violents orages. Autour de lui, des cadavres apparaissent, portés par les eaux en crue. La nature prend le dessus dans Tempêtes, et Andrée A. Michaud décrit avec finesse l’atmosphère oppressante qui s’installe sur les deux versants de Cold Mountain. «C’est toujours un lieu qui m’inspire mes romans, dit-elle, en entrevue. Il y a une montagne, près de chez moi, qui n’est pas gigantesque comme celle que je décris dans Tempêtes, mais qui m’impressionne toujours. Et quand on arrive à cette montagne par une petite route, on a vraiment l’impression d’être avalé par la montagne. C’est un peu ce que je décris.» Deux récits qui se rejoignent. En cours d’écriture s’est présentée une idée concernant un terrain de camping. «Je n’arrivais pas à me brancher entre mes deux idées, j’étais attirée à la fois par l’une et par l’autre. Écrire deux romans en même temps ? Pourquoi pas! J’ai fait en sorte que ces deux récits se rejoignent, chacun sur un versant de la même montagne.» Andrée A. Michaud dit qu’elle n’est pas «la fille la plus brave au monde», et que se retrouver dans un chalet isolé, en pleine tempête, la ferait peut-être paniquer comme son personnage. Mais Marie ne lui ressemble pas. «J’ai vécu assez longtemps proche de la nature pour savoir que ce n’est pas la nature qui est dangereuse, ce sont les êtres humains qui peuvent l’habiter.» Marie, justement, est une personne relativement équilibrée, mais un brin fragile. «Elle arrive à un point de son existence où elle ne sait plus trop où elle s’en va. Il y a cet oncle qui meurt et lui lègue sa maison, et sans trop réfléchir, elle y déménage tout de suite, sans prendre le temps de penser à l’isolement de la place. Et c’est là que tout dégénère.»Andrée A. Michaud a une fascination pour la nature déchaînée, qui prend le contrôle sur tout. «Quand j’essaie de décrire une tempête ou un orage, je suis heureuse parce que j’aime que ces éléments se déchaînent. Je trouve ça beau.»Faire peur. Malgré la violence de certaines scènes, elle a pris plaisir à penser qu’elle allait susciter des émotions et une certaine angoisse à ses lecteurs. Leur faire peur, même. «Quand on écrit un roman qui se veut un roman d’horreur, c’est le but qu’on poursuit ! J’ai pris plaisir à faire les descriptions des tempêtes, à faire en sorte que Marie se dirige lentement mais sûrement vers la folie. Et si le genre est si populaire, c’est qu’on aime avoir peur!» Et elle, qu’est-ce qui lui fait peur? «Entendre un bruit qu’en principe, je ne devrais pas entendre, ou entendre la voix de quelqu’un qui n’est pas là, ça pourrait me faire peur... mais ça ne m’est jamais arrivé!»
J'ai trouvé l'écriture très dense, me gardant parfois en apnée. J'ai d'abord cru à une histoire de schizophrénie, mais comme le passage de la normalité à la psychose est parfois étroit, on confond souvent les deux au fil des pages. Les personnages se perdent dans leur folie, et moi dans la leur... C'est un roman sombre, sans véritable aboutissement. Je ne suis pas une experte en romans noirs et en thrillers, mais pour m'avoir gardée en haleine tout le long, je le recommande. Et je recommande cette auteure!

Nous aurons un club de lecture de polars dans mon petit village. Première réunion prévue cette semaine. Excitée je suis!