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samedi 17 avril 2021

Désillusionnée...

Les critiques à l'égard de Maxime Chattam sont très positives. Ses fans sont inconditionnels. Mais je n'en ferai pas partie.


L'illusion de Maxime Chattam, publié aux Éditions Albin Michel en 2020 (550 pages).

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l'été. Ne reste alors qu'une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d'arriver, mais, déjà, quelque chose l'inquiète. Ce sentiment d'être épié, ces "visions" qui le hantent, cette disparition soudaine... Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs ? Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu'à douter de sa raison...
Bienvenue à Val Quarios, une "jolie petite station familiale" où la mort rôde avec la gourmandise d'une tempête d'été.


J'étais pourtant sûre qu'on s'entendrait bien, Maxime et moi, lorsque j'ai lu cette épigraphe :

« Le grand mensonge de l’immortalité personnelle détruit toute raison, toute nature de l’instinct – tout ce qui, dans les instincts, est bienfaisant, favorise la vie, garantit l’avenir, désormais suscite la méfiance. Vivre de telle manière que vivre n’ait plus de sens, voilà désormais qui devient le sens de la vie. »

« J’appelle dépravé tout animal, toute espèce, tout individu qui perd ses instincts, qui choisit, qui préfère ce qui lui fait mal. »

L’Antéchrist, Friedrich Nietzsche.


Mais voilà, il ne m'a pas impressionnée ni séduite... Bonne entrée dans le sujet mais après, calme plat.  Apparaissait régulièrement un début de suspense, mais voilà, la flamme s'éteignait immédiatement.  Le personnage principal était différent de la description qu'il faisait de lui-même en début de roman; les autres, on pouvait facilement se les imaginer car leur description était assez juste. La trame de l'histoire était pourtant assez intéressante. Disons que Chattam a dévié mon attention ailleurs pendant un bon bout de temps, rendant le dernier quart du roman plus distrayant. Je m'attendais à un roman plus étoffé, plus solide, plus mature. Le vocabulaire était plutôt ordinaire... C'est mon premier Chattam et à moins d'une critique vraiment convaincante, ce sera mon dernier.

samedi 13 mars 2021

Blake Pierce : bon choix!

J'aurais fait un piètre agent secret : j'aurais tout avoué sous la simple menace de torture. Je parle de la torture qu'on voit dans les films, qu'on lit dans les thrillers, pas celle de mes articulations qui me rappellent mon âge!

Je suis en effet (très) inconfortable avec les scènes de torture, de cruauté, décrites avec force détails dans les thrillers, les polars. Certains auteurs, hommes comme femmes, ne manquent pas d'imagination (ni de mots) et m'obligent quelquefois à arrêter ma lecture parce que c'est plus que je ne peux tolérer comme niveau de mal, de méchanceté, de cruauté. Mais pourquoi je persiste dans le genre me demanderez-vous? On en reparlera, un jour peut-être, au-dessus d'une grosse bière!


Appréhendant des descriptions trop détaillées de scènes de torture, j'ai bien failli abandonner celui-là dès le début : Sans laisser de trace de Blake Pierce (2016, 238 pages), le premier de sa série Une enquête de Riley Paige. Mais j'ai persisté, me donnant toutefois le droit d'arrêter quand je n'en pourrais plus. 

Des femmes sont retrouvées mortes dans la campagne de Virginie, tuées de façon grotesque. Quand le FBI est appelé en renfort, ils sont sonnés par l'amplitude de l'affaire. Un tueur en série rôde et passe à l'acte de plus en plus souvent. Ils savent qu'un seul agent est assez bon pour résoudre l'enquête : l'agent spécial Riley Paige. Riley est en arrêt maladie pour se remettre de sa rencontre avec son dernier tueur en série. Devant sa fragilité, le FBI hésite à faire appel à son esprit brillant. Cependant Riley, en lutte contre ses propres démons, accepte l'affaire et son enquête la conduit dans l'univers perturbant des collectionneurs de poupées, dans les foyers de familles brisées et dans les sombres sentiers qu'emprunte l'esprit du tueur. A mesure qu'elle avance, elle comprend que le tueur dont elle suit la trace est encore plus malade qu'elle ne l'avait imaginé. Une dernière course contre le temps la pousse dans ses derniers retranchements et met en jeu son travail et sa propre famille, ainsi que sa santé mentale. Mais, quand Riley Paige accepte une affaire, elle n'abandonne jamais. Son enquête l'obsède et la mène dans les tréfonds de sa propre mémoire. La frontière entre le chasseur et la proie se brouille. Au terme d'une série de rebondissements, son instinct la conduit vers une fin que même Riley n'aurait pu imaginée.

J'ai bien fait de continuer : l'auteur traitait plus de l'aspect psychologique du tueur que de ses «procédures».

Dès les premiers chapitres (courts, ce que j'ai apprécié...), j'ai constaté que ce premier de cette série était en fait une suite. Évidemment! Petite recherche pour constater qu'il y a une série précédant cette série! Mais bon, les fréquents rappels des événements passés apportent un bon éclairage sur le comportement et le caractère de l'agent Paige.

L'histoire n'est pas des plus originales, mais elle se tient. J'ai souvent «avalé» un ou deux chapitres de plus pour connaître le dénouement d'une situation. Je n'ai pas tout saisi de la psychologie du tueur, mais bon... Les personnages sont attachants. Et ceux des enquêteurs laissent présager une série assez «accrochante». La finale, sans vous la dévoiler, annonce la continuité que je vais sûrement lire.

mardi 9 mars 2021

Les femmes et la violence

Hier c'était la Journée de la femme. Quand j'étais rémunérée pour mon travail, cette journée était soulignée par notre syndicat (so-so-so....) par une pause beigne-café-jus (que nous avions grassement payés avec nos cotisations...) et une «épinglette» (avec les années, j'en avais un plein tiroir!). C'était devenu un running gag : femme = beigne! Les «journées internationales de» m'ont toujours laissée de glace, peu importe la cause. Dès le lendemain, on a déjà oublié leur signification.

Récemment, dans les torchons imprimés et télévisés, on s'indigne que des femmes soient encore assassinées, que l'argent promis par le gouvernement pour «protéger» les femmes violentées ne vienne pas, qu'elles seraient plus nombreuses à subir la violence conjugale en temps de «pandémie», de «confinement»... Mais on vit sur quelle planète? La violence, sous toutes ses formes, existe depuis toujours. Subtile, mais réelle.  Inacceptable, mais réelle. Inexcusable, mais réelle. Les gars sont violents, les filles sont violentes, les enfants sont violents, les vieux sont violents, les familles sont violentes, les politiciens sont violents... On a tous eu envie, dans notre tête du moins, de dévisser la tête de quelqu'un, de lui crier après, de casser quelque chose... C'est aussi la seule forme de pouvoir qu'ont certaines personnes. Pas toutes, heureusement... mais sortons-nous la tête du sable! Il faut certes la dénoncer, la traiter, la punir, mais si on commençait par la comprendre, l'analyser... La voir, à tout le moins! La refuser ensuite... Tellement plus facile à dire qu'à faire cependant.

Et la «pandémie» n'a (absolument) rien à voir là-dedans!



Le roman que je viens de terminer traite de violence. De violence psychologique, de violence physique, de violence conjugale, de violence domestique, de manipulation, de vengeance. D'où l'introduction de ce billet.

Ce qui ne tue pas (Éditions Pocket, 2020, 464 pages), de Rachel Abbott, une auteure que je ne connaissais pas, choisie au hasard et parce que le résumé me plaisait bien.

Rivalité féminine, faux-semblants, manipulation et vengeance mortelle... La reine du polar anglais revient en force avec un thriller aussi retors qu'addictif. Cleo North sait qu'elle devrait se réjouir pour son petit frère Marcus. Pourtant, rien n'y fait, elle ne sent pas du tout sa nouvelle compagne, Evie, et voit d'un très mauvais œil l'influence croissante de la jeune femme sur son frère. Et puis que signifie cette propension à se blesser " accidentellement " sans arrêt ? Une manière d'attirer encore davantage l'attention de Marcus ? Comme si son pauvre frère, cet artiste si talentueux et si vulnérable, n'avait pas été déjà assez éprouvé par le décès de sa première épouse... Un soir, un appel à la police, deux corps retrouvés dans la somptueuse demeure des North. Celui de Marcus sans vie, celui d'Evie ensanglanté. Un jeu sexuel scabreux ? Une dispute qui aurait mal tourné ? Derrière les apparences, qui est le bourreau et qui est la victime ? À travers les voix d'Evie et de Cleo, deux visages du défunt émergent. Pour l'agent Stephanie King commence l'enquête la plus brutale, la plus ahurissante de sa carrière.

J'ai embarqué dans cette histoire dès le début. La trame est un peu usée mais Abbott l'a utilisée de manière intelligente. Les personnages sont crédibles, certains sont plus attachants que d'autres, et comme dans la vraie vie, lorsque tu n'as qu'une seule version de l'histoire, c'est facile de juger l'autre. J'ai beaucoup aimé les chapitres courts, les nombreux revirements de situation, le rythme et le suspense. L'enquête policière comme telle est peu développée, la «victime» ayant avoué le meurtre, et le procès est «cucul» (aucune «objection votre Honneur!»), mais j'ai embarqué, malgré les invraisemblances, et j'ai eu de l'empathie pour tous les personnages! Une vengeance, justifiée ou pas, bien menée du début à la fin. 

mercredi 10 février 2021

Aspirée par la noirceur!

Depuis quelques semaines, je dors plus, je dors mieux. J'ai donc moins de temps pour lire. Et pas question que je le perde à lire n'importe quoi...



Je venais donc d'abandonner L'aveugle au pistolet de Chester Himes, un roman noir sur le Black Power à Harlem (un pléonasme?), et j'avais envie de me perdre dans un «bon» roman, un «bon» polar. Et comme j'ai de la suite dans les idées (plus dans mes idées que dans l'ordre de publication...), j'ai choisi Carrières noires d'Elena Piacentini (Ed. Au delà du raisonnable, 2012, 368 pages). Et me voilà littéralement aspirée dès les premières pages...

Depuis les carrières souterraines et glacées de la petite ville de Lezennes, près de Lille, un homme-ombre surveille. C’est son domaine, son royaume. Il fuit ceux d’en-haut mais connaît tous leurs secrets, entrevus depuis leurs caves. Et de secrets, la ville du Nord n’est pas avare : les sales dossiers que la vieille sénatrice Maes cache dans son coffre-fort, les ambitions présidentielles de son neveu, les rêves de villégiature de sa femme de ménage… Jusqu’au jour où le commandant Pierre-Arsène Leoni, prêt à quitter définitivement Lille pour rejoindre sa Corse natale, tombe sur le corps sans vie de l’ancienne sénatrice et où la ville secrète se transforme en ville assassine…

J'ai tout de suite reconnu la plume de Piacentini (voir mon billet sur Aux vents mauvais, le septième et dernier de sa série Pierre-Arsène Leoni). Carrières noires est le 4e, ce que j'ai constaté dès l'entrée en scène de Leoni.

Les histoires, nombreuses, dont le degré de suspense varie, s'entremêlent pour s'imbriquer parfaitement dans le dernier tiers. La trame qui les relie est cependant solide, même si le contexte est parfois un peu banal et léger. Le ch'ti et le corse sont spontanément traduits, évitant les notes de fin de page ou les recherches sur le net. L'humour, le deuxième degré, sont omniprésents; comme les détails historiques des lieux; comme le côté sombre et tordu de certains personnages; comme l'amitié indéfectible des enquêteurs envers leur ex-commandant (ici, la lecture préalable des autres tomes aurait expliqué le «ex»...). Les personnages sont ici encore très attachants, humains. L'action, subtile, m'a fait dévorer les derniers chapitres. Excellent choix si l'on recherche un polar «léger» et intelligent!

lundi 28 décembre 2020

Pus capable!

Je peux compter sur les doigts d'une seule main les romans que j'ai abandonnés après quelques chapitres, à qui j'ai tout de même donné une chance de me séduire. Avant de rédiger ce billet, j'ai même pris le temps de lire les commentaires sur les blogs littéraires et non, je n'ai de toute évidence rien ressenti de leur plaisir à le lire.


L'affaire Mélodie Cormier de Guillaume Morrissette (Éd. Guy St-Jean, 2015, 349 pages) avait pourtant tout pour me plaire : un résumé intriguant, une couverture annonçant qu'il était le prix du premier polar 2015 et le prix Coup de coeur de Saint-Pâcome (je vais faire un billet sur le sujet bientôt) 2015.

La petite Mélodie Cormier, 10 ans, a disparu. Elle s'est volatilisée, un jeudi matin ordinaire. Ses parents l'ont vue monter dans l'autobus scolaire, mais elle ne s'est jamais rendue jusqu'à la cour d'école. Le mystère est total. Ailleurs dans la ville, Marco Genest reçoit des messages étranges. Un correspondant anonyme affirme détenir des renseignements sur la mort accidentelle de ses parents, survenue plusieurs mois plus tôt. Accidentelle, vraiment? Alors que Marco et l'enquêteur Héroux tentent de démêler leurs intrigues respectives, les liens entre elles deviennent troublants. Mais si les parents de Marco sont décédés, la petite Mélodie, elle, est toujours vivante, au moins jusqu'à preuve du contraire? Chargé de cours à l'UQTR, Guillaume Morrissette est récipiendaire du Prix d'excellence en enseignement 2012, plus haute distinction honorifique remise à un chargé de cours. Polymathe depuis l'adolescence et membre actif de MENSA Canada, l'auteur réside à Trois-Rivières. Après avoir publié La maison des vérités en 2013, il remet ça avec L'affaire Mélodie Cormier qui marque le début des aventures de l'inspecteur Héroux.

Je n'ai vraiment pas embarqué dans ce «polar». Même après en avoir lu plus de 30 % (vous reconnaîtrez que je lui ai donné une chance...), je ne savais des personnages que leurs noms. Aucune description physiologique, psychologique... L'équipe d'enquêteurs sur la disparition de la petite fille m'a intéressée, mais là encore, j'étais incapable de les imaginer. Et que dire de la logorrhée que seuls des adolescents peuvent gober. J'ai donc transgressé mes principes et fermé ce livre qui m'a déçue.

samedi 26 décembre 2020

J'ai eu la main heureuse!

Je devrais dire le doigt heureux. Celui qui fait défiler les (trop) nombreux titres contenus dans ma liseuse. Lorsqu'il a pointé ce Carrisi, son plus récent, La Maison des voix (Éd. Calmann-Lévy, 2020, 448 pages), je savais que je passerais du bon temps


Florence, de nos jours. Pietro Gerber est un psychiatre pour enfants, spécialiste de l’hypnose. Il arrive ainsi à extraire la vérité de jeunes patients tourmentés. Un jour, une consoeur australienne lui demande de poursuivre la thérapie de sa patiente qui vient d’arriver en Italie. Seul hic, c’est une adulte. Elle s’appelle Hanna Hall et elle est persuadée d’avoir tué son frère pendant son enfance. Intrigué, Gerber accepte mais c’est alors qu’une spirale infernale va s’enclencher : chaque séance d’hypnose révèle plus encore le terrible passé d’Hanna, mais aussi qu’elle en sait beaucoup trop sur la vie de Gerber. Et si Hanna Hall était venue le délivrer de ses propres démons ?


Je l'ai dévoré, mais j'aurais dû prendre mon temps, surtout pour le dernier tiers, où les revirements de situation se multipliaient, s'entrecroisaient, au point où je ne savais plus trop où l'auteur voulait m'amener. N'est-ce pas le but d'un bon thriller? Mais ce n'est pas mon premier Carrisi et j'ai reconnu sa tactique. Il y a, comme dans sa série Mila Vasquez, une part de paranormal (pas vraiment ma tasse de thé, je l'avoue...) et il l'a exploitée dans La Maison des voix. Les personnages sont bien définis, le rythme soutenu, l'intrigue pas banale. La fin m'a toutefois laissée sur mon appétit (suis-je devenue insatiable?), comme si une suite était possible. C'est un thriller parfait pour qui n'aime pas le macabre et la cruauté... comme moi! 

jeudi 24 décembre 2020

Rester «focus»!

Mon dernier Lisa Gardner remontait à un certain temps, plus précisément décembre 2018, et j'ai eu envie de finir cette année de m... avec quelques frissons. Je n'ai pas été déçue avec Disparition, le tome 4 de sa série FBI Profiler (Éd. Livre de poche, 2010, 506 pages)!


Sur une route déserte de l'Oregon noyée par la pluie, une voiture abandonnée, moteur en marche, un sac de femme sur le siège du conducteur. Rainie, avocate séparée de son mari, Pierce Quincy, ex-profiler, a disparu sans laisser de traces. Dérive d'une femme au passé d'alcoolique ou conséquence d'une des redoutables affaires dans lesquelles elle s'investissait parfois dangereusement ? Un homme sait ce qui s'est passé cette nuit-là. Et lorsqu'il contacte les médias, le message est clair, terrifiant : il veut de l'argent, la célébrité. Sinon, personne ne reverra Rainie. Aidé de sa fille, star du FBI, Pierce se lance dans l'enquête la plus désespérée de sa vie, sur la piste d'un criminel sans visage et de la femme qu'il n'a jamais cessé d'aimer.

Avec Gardner, c'est compliqué en partant... ou plutôt complexe si, comme moi, on ne lit pas les séries dans l'ordre. Si tu ne te concentres pas au début, c'est cérébralement énergivore. Mais c'est bon dès les premières pages. Et tu embarques! Pour rester «focus», je l'ai lu tranquillement, pour assimiler toutes les informations. Tu as beau te dire que les héros, ceux d'une série entre autres (surtout si tu sais qu'il y a un autre tome après...), ne meurent pas, n'en demeure pas moins que le suspense est tel que tout peut arriver. Avec Disparue, la trame est intéressante, les héros attachants, les virements de situation nombreux, et pour les coeurs sensibles, pas de cruauté gratuite. Excellent thriller, excellente série!


samedi 12 décembre 2020

Roxane Bouchard... pour lire «léger»

Nicole, ma référence en lecture, venait de le lire et avait apprécié son rythme (elle voulait lire «léger»). Nous étions le sel de la mer, de Roxane Bouchard, publié aux Éditions VLB en 2014 (350 pages). J'avais vu passer des commentaires favorables lorsqu'est parue la suite de cette série (parce que ce sera apparemment une série), La Mariée de corail.



« C'est Vital. Ça a l'air qu'il a ramassé un cadavre dans ses filets. Il l'a dit dans sa radio. Tu veux qu'on t'en raconte, des histoires de marins ? Reste avec nous autres pis tu vas en voir, la p'tite ! » Ce matin-là, Vital Bujold a repêché le corps d'une femme qui, jadis, avait viré le cœur des hommes à l'envers. En Gaspésie, la vérité se fait rare, surtout sur les quais de pêche. Les interrogatoires dérivent en placotages, les indices se dispersent sur la grève, les faits s'estompent dans la vague, et le sergent Moralès, enquêteur dans cette affaire, aurait bien besoin d'un double scotch.


Je vais être franche. Moi, le patois de la Gaspésie-Iles de la Madeleine, je m'en lasse vite. Et dans ce roman, Bouchard s'en sert à profusion pour que le lecteur identifie les personnages tout au long du roman. Et ça, ça m'a énervée au point de faire comme Nicole avec les romans islandais ou suédois, c'est à dire «sauter» les tics langagiers «caricaturaux» pour aller à l'essentiel du dialogue. J'ai par contre beaucoup aimé l'insertion des passages de la lettre laissée par la mère à sa fille. C'est plein de poésie et de profondeur. C'est bien écrit, sans longueurs, avec peu d'invraisemblances compte tenu des us et coutumes de cette région. C'est un roman policier au rythme lent et sans grandes surprises, parce qu'il y a un enquête, mais la trame est toute autre à mon avis, même si pas très claire;  elle se précise dans le dernier tiers du roman heureusement. Même si j'en recommande la lecture, je ne sais toujours pas si je lirai la suite. 


dimanche 6 décembre 2020

Elizabeth Little à saveur Agatha!

Les filles mortes ne sont pas aussi jolies, d'Elisabeth Little (Ed. Sonatine, 2020, 350 pages), un titre intrigant, une couverture aussi intrigante que magnifique, un résumé séducteur. Je suis curieuse. Ma première rencontre avec Elizabeth Little.

« Donnez-moi un film, et je trouverai la vérité. » Au départ, elle n’a rien d’une enquêtrice. Timide, un brin asociale, elle s’efforce d’éviter les ennuis. Marissa Dahl est surtout une étonnante monteuse de films. Engagée sur un long métrage dont le tournage a lieu sur Kickout Island, elle fait la connaissance du metteur en scène Tony Rees, réputé pour son comportement tyrannique. Très vite, elle comprend que quelque chose ne tourne pas rond : une atmosphère de secrets et de paranoïa, des acteurs persécutés… Le film reconstitue une histoire vraie, celle du meurtre non élucidé, vingt ans plus tôt, de Caitlyn Kelly. Pourquoi un tel projet ? Marissa n’en sait pas assez. Elle veut en savoir plus, bientôt elle en saura trop. Alors, il sera trop tard pour revenir en arrière…




Je m'attendais à autre chose. Je ne sais pas quoi, mais autre chose. D'un chapitre à l'autre, même si mon intérêt allait croissant, je me disais que ce roman s'adressait plus aux adolescentes, et même qu'il avait la saveur d'un Agatha Christie. La trame est pourtant assez solide et les personnages attachants. A part quelques rebondissements intéressants, l'histoire est relativement banale. Quant aux très nombreuses références cinématographiques, elles ne m'ont pas impressionnée, mais je dois reconnaître que je ne suis vraiment pas cinéphile. Je pense que c'est une agréable lecture de vacances, qui ne vous empêchera pas de dormir.
 

lundi 23 novembre 2020

La fin de la fin.

Impact, le troisième roman de la trilogie de Ben H. Winters, paru en septembre 2016 aux Éditions Super 8 (336 pages), m'a laissé une drôle d'impression, des sentiments mitigés.

Une fois encore, on suit Hank Palace, ancien policier de la ville de Concord. Sans trop spoiler, on l’avait laissé dans le tome 2 dans un refuge avec d’anciens collègues à deux mois de la fin programmée du monde tel qu’on le connait. On le retrouve en proie au doute avec une toute dernière affaire à régler. La fin du monde est proche et l’astéroïde qui en sera l’instrument sera là d’ici quelques jours. Pourtant, Hank ne peut se résoudre à terminer sa vie loin de la seule famille qu’il lui reste : sa sœur Nico qui avait rejoint un groupe de survivalistes persuadés d’être en mesure de stopper l’astéroïde dans sa course folle.

J'ai retrouvé un Henry Palace indécrottablement policier, justicier, toujours aussi attachant, déterminé à retrouver sa soeur Nico embrigadée dans un groupe idéologique extrémiste né du cataclysme annoncé. Jusque là, ça va. Je précise ici qu'en dépit des petits rappels de l'auteur, la lecture préalable des deux premiers tomes, dans l'ordre il va de soi, est quasiment nécessaire pour se situer dans l'histoire. On nage donc en pleine anarchie pré-apocalyptique de fin (annoncée) du monde. La quête de Palace est parsemée de rencontres improbables qui vont renforcer sa détermination à retrouver sa soeur avant qu'il soit trop tard. Les personnages sont crédibles, le rythme est soutenu, mais mon intérêt et  mon plaisir se sont quelque peu effrités au fil des pages. C'est tout de même une trilogie bien construite qui se conclura d'une façon abrupte, inachevée, telle qu'on peut l'imaginer au moment fatidique de la collision d'un énorme astéroïde avec la terre. J'ai tout de même passé un bon moment avec ce polar mêlé à de la science fiction.

vendredi 20 novembre 2020

La fin du monde? Pas encore!

Le dernier meurtre avant la fin du monde, de Ben H. Winters, c'est en fait une trilogie. J'ai beaucoup aimé le premier de la série et c'était écrit dans le ciel que je lirais le deuxième, J-77 (Éd. Super 8, 2016, 336).

Le résumé. La fin du monde ? Elle arrive. Dans 77 jours maintenant, l’astéroïde 2011GV1 va s’écraser sur Terre, quelque part en Indonésie, et c’en sera fini de l’humanité. Plutôt que de se lever le matin pour aller travailler, les Américains – et on les comprend – préfèrent concrétiser d’urgence la liste des cent choses qu’ils ont envie de faire avant de mourir avec, évidemment, tous les excès que cela implique. Pourtant, il reste un homme, un seul, bien décidé à faire son job jusqu’au bout : Hank Palace, ancien flic de la police de Concord. Déterminé à retrouver Brett Cavatone, le mari de sa nounou qui a mystérieusement disparu, Hank se lance dans une quête désespérée, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mais son courage et sa droiture suffiront-ils ? Car rien n’est simple dans un pays livré à une anarchie sans nom, où l’électricité et les télécommunications ont rendu l’âme et où les pillages sont quotidiens.

Et qu'en ai-je pensé? La lecture préalable du premier tome m'a facilité la vie et la compréhension du contexte, celui d'un cataclysme planétaire annoncé dans 77 jours maintenant. Mais pour les lecteurs dans le désordre, comme moi, l'auteur fera quelques allusions aux événements marquants du premier tome. Le policier Henry Palace, auquel je me suis rapidement attachée, et ses anciens collègues, n'ont rien perdu de leurs détermination, principes et valeurs même s'ils ne sont plus policiers. L'intrigue se déroule maintenant sur un fond apocalyptique que l'auteur survole peut-être trop superficiellement selon moi  : pillages, suicides, meurtres, disparitions, conspirations, incendies, survivalisme, réfugiés climatiques, pénuries énergétiques et alimentaires... Il aurait pu développer davantage mais ce n'est pas le but du roman et le lecteur peut facilement relier les points. Dans J-77, j'ai retrouvé le même plaisir qu'avec le premier et le troisième de la série sera sûrement ma prochaine lecture.

mercredi 18 novembre 2020

La fin du monde? Oh! que non!

Il y a de ces belles surprises dans la vie de bouquivores et de polarophiles dont je fais partie. Comme celle-ci. Un roman policier à la couverture et au titre qui m'interpellent, dont l'auteur m'est inconnu, et qui m'a tenue éveillée une couple de nuits. Et vous savez quoi? En préparant ce billet, je découvre qu'il était le premier d'une série de trois (pour une fois, je lis le premier de la série...) et que je sais pertinemment quelle sera ma prochaine lecture... et la suivante! Nice! 


Dernier meurtre avant la fin du monde de l'auteur Ben H. Winters, paru aux Éditions Super 8 en 2015 (336 pages).

Résumé. Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête. Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre. Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon. Dans cette ambiance pré-apocalyptique, où les marchés financiers se sont écroulés, où la plupart des employés ont abandonné leur travail, où des dizaines de personnes se livrent à tous les excès possibles alors que d’autres mettent fin à leurs jours, Hank, envers et contre tous, s’accroche. Il a un boulot à terminer. Et rien, même l’apocalypse, ne pourra l’empêcher de résoudre son affaire..

Mon avis? Eh bien, c'est bon! Très bon! Même si on pense avoir fait le tour du sujet, la fin du monde, celle qui a servi de trame de fond au roman de Winters vient teinter tous les aspects de la vie de Palace, ce brave et singulier policier, et l'impact avec la terre de cette gigantesque comète, imminent, sans appel, changera les conditions et les perspectives de vie de tous, sans exception. Je ferais quoi, moi, si on m'annonçait qu'un cataclysme de cette  ampleur avait lieu un jour précis dans quelques mois? Je me suiciderais comme plusieurs l'ont fait (dans le roman, s'entend!), je quitterais tout pour réaliser mes fantasmes, mes désirs? L'auteur, de manière subtile, nous interpelle, nous fait réfléchir... Mais où il y a l'homme, il y a de l'hommerie! On est accroché dès le début du roman, et le rythme et le suspense vont en augmentant jusqu'à la fin. Et je me suis trompée sur le meurtrier... Ca c'est bon! Et il y a une suite... C'est parfait!

vendredi 30 octobre 2020

Mapuche de Caryl Férey : les bas-fonds argentins!

Caryl Férey faisait partie des nombreux auteurs français suggérés pour notre prochaine rencontre. Et moi, j'avais son Mapuche dans ma bibliothèque numérique (Éd. Gallimard, 2012, 464 pages).

Résumé Jana est Mapuche, fille d'un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd'hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne. Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l'École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune soeur, durant la dictature militaire. Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature, et leurs tortionnaires... Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d'un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d un des hommes d affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l'Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l'ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales...
 
Mon avis. Comme je ne connais rien, mais absolument rien, aux conflits qui ont secoué l'Argentine, l'auteur, en nous rappelant le contexte socio-économico-politique de son roman, m'a donné le tournis tant il y avait de références à l'histoire de ce pays, des références toutes avérées. J'ai dû m'accrocher aux personnages pour ne pas me laisser distraire par cette trame, et prendre des pauses après presque chaque chapitre pour digérer toutes ces informations. N'eût été des personnages très attachants, j'aurais peut-être arrêté ma lecture après les premiers chapitres. Tant d'atrocités infligées aux Argentins, de corruption généralisée, de dictature, d'oppression, de torture, de bas-fonds inimaginables, d'impunité de la classe politique et de la police, de droits humains bafoués, ça dérange... Un thriller noir plus que policier, au rythme serré, soutenu, avec l'omniprésence de la peur. C'est puissant! C'est bon! Vraiment bon!

mercredi 21 octobre 2020

Valentine Imhof : une découverte!

 Notre prochain club de lecture porte sur les auteurs «français de France». Pierre T. nous en a dressé une liste impressionnante, certains que j'ai lus, d'autres jamais. Je viens de sortir d'une série de polars islandais et comme si l'insularité donnait une saveur particulière aux polars, j'ai eu l'idée de vérifier si St-Pierre-et-Miquelon, un archipel français, habitait des  auteurs de polars. J'y ai trouvé Valentine Imhof, une professeure de lettres qui a vécu aux États-Unis et beaucoup voyagé en Scandinavie nous apprend sa maison d'édition.

J'attaque donc son premier roman, Par les rafales (Éditions du Rouergue, 2018, 294 pages).

Résumé : Qui est vraiment Alexis Fjærsten, cette belle jeune femme qui a établi son camp de base à Metz, tombant immédiatement dans le coeur d'Anton ? Pourquoi tue-t-elle sauvagement un inconnu qui lui fait du charme ? Qui lui fait peur au point qu'elle est prête à s'enfuir jusqu'au bout du monde ? Dans un premier roman intense, gorgé d'alcool, de rock et de poésie, Valentine Imhof nous emporte sur les pas d'une héroïne qui s'est placée sous la protection de Loki, le dieu destructeur de la mythologie nordique.

Qu'est-ce que j'en pense? D'entrée de jeu, je ne sais pas trop. On suit une journaliste culturelle complètement disjonctée (on comprendra plus tard pourquoi...), capable du meilleur comme du pire, ce qu'on réalise dès les premiers chapitres. Schizophrènie induite par la violence subie? Alex sème la mort. Les événements, les enquêtes s'entrecroisent, l'encerclent. L'enquêtrice Kelly McLeish. n'apparaît qu'après le premier quart du roman, et donnera le ton à ce qui va suivre. D'autres enquêteurs chevronnés croiseront le fer. L'auteure nous offre un roadtrip : France, Belgique, Louisiane, Écosse, Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve, St-Pierre-et-Miquelon. Les chapitres, courts, commencent tous par un texte dense, une suite ininterrompue de lettres, de la poésie (l'auteure les a réunis dans une liste à la fin du roman), où tous les mots sont collés ensemble, écrits avec une police différente de celle du texte. On apprendra que Alex se les fera tatouer sur le corps; moi, je les saute tellement ils me grugent de l'énergie pour en séparer les mots. Beaucoup, beaucoup de références aux groupes rock et jazz de tout acabit et à la musique (l'auteure fournit même la playlist à la fin), aux ambiances. Beaucoup de références géographiques (j'en ai vérifié quelques-unes et elles existent), cinématographiques, artistiques. Une fin de cavale digne d'un film. Brillant! Un thriller magnifiquement bien écrit, magnifiquement bien construit. Une trame pas banale, des personnages très bien campés. Définitivement un coup de coeur!

mardi 13 octobre 2020

Marc Fisher : Rendez-vous raté!

Je n'avais rien lu de Marc Fisher, un auteur québécois, et comme je trouvais le résumé et le contexte intéressants, j'ai ouvert son Mort subite, paru en 2018 chez Coup d'oeil (368 pages).

Résumé. David Berger est dans de beaux draps ! Au sens propre, comme au figuré. Employé d'un prestigieux club de golf des Hamptons, il devient la cible de Louise Eaton, la femme de son richissime patron. Cette dernière, lasse d'être négligée par son époux, jette son dévolu sur lui et tente de le séduire. Cédant au charme envoûtant de Louise, David se laisse alors entraîner dans une liaison torride qui le mènera à sa perte... Un matin, une scène macabre l'attend à son réveil dans une chambre d'hôtel : le corps sans vie de son amante. Dès lors le suspect numéro un de l'enquête policière, David se retrouve au pied du mur. Il doit à tout prix découvrir la vérité afin de sauver sa peau. Mais qui donc se cache véritablement derrière ce meurtre ? Avec Mort subite, Marc Fisher signe un thriller surprenant et haletant, qui entremêle la romance, le suspense, la sensualité, le plaisir et l'humour, pour mieux nous faire frissonner.

Mon opinion. J'ai tout de suite aimé le rythme, les personnages, le contexte, l'évolution de l'histoire, mais après le premier tiers, ça s'est mis à déraper et j'ai commencé à déchanter. On a beau être dans le roman, il y a des invraisemblances qui me dérangent. L'histoire se déroule (ou a été écrite) à une époque où seuls l'ADN et les empreintes digitales existent, l'utilisation du cellulaire rudimentaire, l'enquête carrément occultée et le procès, une véritable comédie. Et je tais les autres invraisemblances pour ne pas dévoiler le dénouement. On dirait que Fisher a voulu appliquer à ce roman la recette d'auteurs vedettes : romance, sexe, mensonge, jalousie, argent. C'est raté avec moi! Pas mauvais, mais tellement pas à la hauteur de mes attentes!

dimanche 11 octobre 2020

Ragnar Jonasson : Avancez en arrière!

 Je ne suis pas une TOC avec les séries littéraires. Je réalise souvent, une fois le roman terminé ou bien entamé, qu'il a un autre tome avant. Ou encore qu'il y a une suite...

Je disais dans mon dernier billet que je n'avais pas réussi à trouver Dimma, le premier tome de la trilogie La Dame de Reykjavik. En fait, La Dame (...) est le premier de la trilogie, suivi de L'Ile au secret dont je vous parlerai plus loin; le troisième, The Mist, n'est toujours pas traduit en français, et sur sa page, Ragnar laisse sous-entendre la publication d'un quatrième. Tout ça pour dire que j'aurai lu les deux premiers dans l'ordre, mais inverse!

En effet, ce qui est plus ironique avec cette trilogie, c'est que le deuxième se déroule une quinzaine d'années avant la période du tome 1. Et que le troisième se déroulerait encore dix années avant! Ce qui me laisse toujours en attente de la suite du premier... Vous me suivez?

Croyant - à tort - connaître le sort d'Hulda, j'ai donc enfilé avec L'Ile au secret publié aux Éditions de la Martinière en 2020 (352 pages).

L'Île d'Ellidaey

Résumé. Au large des côtes de l’Islande, l’île d’Ellidaey abrite la maison la plus isolée au monde. C’est sur cette terre sauvage que quatre amis ont choisi de fêter leurs retrouvailles. Mais, après la chute mortelle de l’un d’entre eux, la petite escapade tourne au drame. L’inspectrice Hulda, quinze ans avant les événements survenus dans La Dame de Reykjavík, n’a qu’une ambition : découvrir la vérité. Pas du genre à compter ses heures, Hulda ne prendrait- elle pas l’affaire trop à cœur ? Elle n’a jamais connu son père et a toujours entretenu avec sa mère une relation en dents de scie. Une vie de famille tellement chaotique que son job semble la seule chose capable de la rattacher à la réalité... Mais sur l’île d’Ellidaey plane une atmosphère étouffante. Les fantômes du passé ressurgissent.

L'ai-je aimé? Oui, beaucoup! Peut-être plus que le premier d'ailleurs. Probablement parce que, avec le premier tome, je m'étais imprégnée de l'atmosphère islandais, avec ses insulaires, son austérité, sa géographie unique, la coutume d'aborder les gens avec leur prénom. Si ce n'est au point de vue technologique, le retour dans le temps d'un peu plus d'une décennie est imperceptible. Les histoires s'entremêlent, mais Hulda découvrira les liens entre elles. Habile! Un autre que j'aurai dévoré!

mardi 29 septembre 2020

Mon premier Läckberg!

 

Le thème de notre prochaine rencontre est «Les auteurs (de polars) scandinaves». Pierre T. nous a évité une recherche exhaustive en nous fournissant une liste de ces auteurs. Donc en excluant ceux que j'avais déjà lus (Mankell, Kallentoft, Indridason), je n'avais que l'embarras du choix! J'avais dans ma liseuse ce Camilla Läckberg, Femmes sans merci (Éd. Actes Sud, coll. Actes noirs, 2020, 160 pages), une nouvelle en fait, de par son style. Et j'ai eu beaucoup, beaucoup de plaisir à le dévorer d'une traite!

RésuméIngrid Steen a renoncé à sa carrière de journaliste le jour où son mari infidèle a été promu éditeur en chef. Depuis, elle s'occupe de leur fille et s'efforce de maintenir l'image d'un mariage parfait. Viktoria Brunberg est misérable, enchaînée aux fourneaux dans sa maison de Sillbo. Quand elle a découvert la véritable nature de son mari Malte, il était déjà trop tard. Birgitta Nilsson, bientôt à la retraite, n'arrive pas à se libérer de son mari abusif. Depuis des années, elle fait tout pour cacher ses bleus. Extrêmement différentes, ces trois femmes ont une chose en commun : elles sont toutes coincées dans des mariages destructeurs et toxiques. Via un forum sur le Net elles concluent un pacte : chacune va commettre le meurtre parfait en assassinant le mari de l'une des autre

Mon avis.  Je l'avoue, c'est mon premier Läckberg. Quelle efficacité! Läckberg va à l'essentiel! On comprend d'entrée de jeu le contexte socio-culturel de chacune de ces trois femmes, ce qui les a amené à se rallier pour commettre le crime «parfait». Le roman manque de profondeur évidemment, mais n'est-ce pas là un problème avec les nouvelles? Au fil des nombreux chapitres très courts, on survole la vie de chacune de ces trois femmes, leurs ambitions, leur besoin de quitter leur milieu toxique. Pour m'avoir gardée éveillée tard dans la nuit, je le recommande.

mardi 8 septembre 2020

Grangé : un (autre) coup de coeur!

J'en ai eu beaucoup, des coups de coeur, me direz-vous. C'est le risque de beaucoup lire. Beau risque, n'est-ce pas?


Grangé m'avait laissé un très agréable souvenir avec Le Jour des cendres (voir mon billet). Peut-être avais-je eu la main heureuse... Essayons maintenant son Kaïken paru aux Éditions Albin-Michel en 2014 (552 pages), avec sa magnifique couverture... OMG!

Résumé. Quand le Soleil Levant devient un Soleil Noir, Quand le passé devient aussi tranchant qu'une lame nue, Quand le Japon n'est plus un souvenir mais un cauchemar, Alors, l'heure du kaïken a sonné. Olivier Passan, de la Criminelle, est lancé dans la traque d'un insaisissable meurtrier, l’Accoucheur, qui éventre des femmes au terme de leur grossesse pour tuer leur bébé. Dans le même temps, ce flic tourmenté cherche à comprendre les raisons du naufrage de son couple : Naoko, sa femme japonaise, a demandé le divorce. L'histoire personnelle de Passan trouve des similitudes dans celle du serial killer, sorte de double monstrueux. Passan devra aller jusqu'à Tokyo chercher la clé de l'énigme...

Mon avis. Premier constat : l'histoire se déroule dans le même contexte géographique que ma dernière lecture (Haine noire de Patrick Caujolle), mais Grangé utilise un jargon moins parisien que Caujolle. Dès le début, on a une histoire classique : un tueur en série traqué sans relâche ni scrupules par un haut gradé de la police, féru de culture japonaise, dont l'épouse japonaise a enclenché des procédures de divorce. Mais le rythme et le suspense augmentent au fil des courts chapitres (j'aime les chapitres courts!) et l'histoire prendra d'autres tournants. Les personnages sont crédibles, bien campés dans leur rôle. Passan me rappelle même mon Harry... Les lieux et les ambiances sont bien décrits et on s'y voit. Bon, il y a bien quelques toutes petites invraisemblances, mais on est dans le roman, non?  Et la fin, quoique «épique», aurait pu révéler un peu plus le côté sombre des protagonistes. Mais il est très habile ce Grangé! Il m'a gardé éveillée jusque tard dans la nuit!

dimanche 30 août 2020

Incartades littéraires

Mon silence laissait croire à une pause de lecture, mais non, j'ai lu... Je me suis même offert un changement de genres...
Défi-lecture 2018-2019 – Défi Lecture Haute-Corrèze


Les falaises de Virginie DeChamplain (Éd. La Peuplade, 2020, 224 pages). Résumé V. vient d’apprendre que l’on a retrouvé le corps sans vie de sa mère, rejeté par le Saint-Laurent sur une plage de la Gaspésie, l’équivalent « du bout du monde ». Elle regagne là-bas, brusquement, sa maison natale, et se confectionne une « île » au milieu du salon venteux, lieu désigné pour découvrir et mieux effacer – ou la ramener – l’histoire des femmes de sa lignée à travers les journaux manuscrits de sa grand-mère. V. se voit prise dans sa lecture, incapable de s’en détacher. Sa seule échappatoire réside derrière le comptoir d’un bar au village, dans une chevelure rousse aérienne, et s’appelle Chloé.


Mon avis. On évolue dans un monde de femmes. Des femmes différentes mais toutes reliées par un besoin de liberté, de s'évader, mais retenues par quelque lien de sang, de vie, de misères, d'histoire... C'est bien écrit, c'est intelligent, c'est poétique... Peut-être n'ai-je pas su lire entre les lignes, mais j'aurais aimé mieux comprendre les conflits mère-fille, le suicide de la mère... Mais est-ce vraiment nécessaire de tout comprendre?






Diane demande un recomptage, de Marie-Renée Lavoie (Éd. XYZ, 2020, 280 pages). La suite de Autopsie d'une femme plate.

Résumé. Jacques (j’ai soufflé intérieurement, du calme, Diane, du calme)… j’ai des amis incroyables, une job gratifiante, un nouveau chum (il a très légèrement sursauté, moi aussi), je me suis jamais sentie aussi bien, aussi belle, nos enfants sont heureux, en santé, si on m’offrait de rencontrer Dieu en personne, je saurais même pas quoi y demander. Celui de nous deux qui passe pas à autre chose, c’est toi, mon vieux. » Diane a dû faire une croix sur son mariage, mais elle a encore assez d’amour pour trente. Alors elle donne généreusement : d’abord à ses grands enfants, puis à sa meilleure amie Claudine et à ses filles, et bientôt, à toute une classe de petits qui ne demandent pas mieux, et même à Madeleine, l’adorable voisine fripée toute perdue dans sa grande maison ouverte au vent et aux chats. Ça en laisse encore assez pour un homme capable de la faire sentir comme une reine... Lady Di, ça sonne bien, non?

Mon avis. Distrayant! Moins que le premier, mais distrayant quand même!


Pourquoi Lehane? Parce qu'il est l'auteur «imposé» de notre prochain club de lecture de romans policiers. Et parce qu'il m'avait laissé un excellent souvenir avec son Mystic River. Et pourquoi Moonlight Mile publié aux Éditions Payot et Rivages en 2011 (384 pages)? Aucune idée...


RÉSUMÉ : Patrick Kenzie et Angela Gennaro ne sont plus détectives privés. Patrick travaille pour une grosse société de surveillance qui refuse de l'embaucher définitivement car il n'est pas assez « lisse » pour son patron. Il est toujours consumé par la colère face aux injustices et c'est peut-être cela - ainsi que la culpabilité - qui le pousse à accéder à la demande de Béatrice, la tante d'Amanda McCready. Douze ans plus tôt, Angie et lui avaient enquêté sur la disparition de la petite Amanda, mais le fait d'avoir retrouvé l'enfant s'était soldé par un fiasco humain. Selon Beatrice, Amanda, aujourd'hui âgée de 16 ans, a de nouveau disparu et elle est peut-être en danger... Comme Gone, Baby, Gone, Moonlight Mile est un roman totalement contemporain qui dépeint une Amérique en proie à une grave crise morale et sociale. L'auteur de Mystic River et de Shutter Island n'a rien perdu de son art de la métaphore, des dialogues incisifs et des scènes choc. L'art de faire palpiter la vie à chaque page.


Mon avis. L'action commence à partir du 5e chapitre (ou je suis lente à comprendre...), mais ça va durer jusqu'à la toute fin. Je me suis demandé si je n'aurais pas dû lire Gone, Baby gone avant, mais non, les références à ce roman étant somme toute peu nombreuses. Lehane a ce talent de décrire les ambiances, les lieux, les personnages : on les voit, on y est. Comme dans Mystic River, il nous fait évoluer dans le monde cruel des gangs criminalisées où tout se paye, où la police n'intervient jamais, où tout peut arriver. Évidemment, c'est un polar américain... il se termine bien! Désolée, je ne voulais pas vendre la mèche... 

vendredi 21 août 2020

Où est mon gâteau!


On te sert un morceau de gâteau, disons un Fôret noire (OK, c'est cliché, mais c'est le premier nom qui me vient à l'esprit!), et tu n'en as pris que trois bouchées qu'on t'enlève ton assiette!!!! Tu es d'abord incrédule, puis tu te mets à la recherche du reste de ton assiette. C'est ce qu'il m'est arrivé avec le Restez chez vous de Nicolas Feuz publié aux Éditions Slatkine & Cie en pleine «épidémie».



Une maladie mystérieuse paralyse l’Europe. La survie du monde dépend de l’enquête d’un journaliste têtu, à la recherche du patient zéro, et de l’investigation d’une inspectrice de police obsédée par des disparitions d’enfants. Et si les deux se rejoignaient ? Une histoire effroyable où la Suisse est l’épicentre d’une contamination planétaire. Aussi effrayant qu’irréel. Tellement vrai. Du Feuz à l’état brut. Le livre événement de 2020.


Beaucoup savent ce que je pense de cette psychose collective créée par nos charmants technocrates et différents paliers de gouvernement (et c'est là qu'on voit qu'on en a beaucoup!), et des dégâts irréversibles qu'elle a engendrés. Pourquoi lire un polar basé sur une épidémie, alors? Parce qu'il y avait autre chose, que la (vraie) vie continue, que la nature humaine est plus forte que tout.

Je trouve donc ce titre accrocheur et en sous-titre, Épisode 1, Épisode 2 et Épisode 3. Je pense qu'il s'agit de nouvelles, donc d'histoires courtes, différentes. Mais non! Chaque épisode est la suite de l'autre. Et c'est bon! Très bon même! Jusqu'à ce que j'arrive à la fin du troisième épisode et qu'il me manque la fin. Je la trouverai au terme de maintes recherches, en format .pdf, mais l'important, c'était de connaître le dénouement de l'histoire.

Mon avis. J'ai adoré la formule et le style de Feuz. Il connaît le contexte : il est procureur à Neufchâtel. Ses principaux protagonistes, un journaliste et une inspectrice, sont crédibles et attachants. Le contexte est on ne peut plus actuel : la contamination, les morts, le confinement, etc...  La trame est à ce jour originale parce que pas encore exploitée par les auteurs (ça viendra!), le rythme est soutenu et croissant, l'aboutissement effrayant et inquiétant! Du gâteau! Je mets Feuz sur ma liste d'auteurs à lire!