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vendredi 29 janvier 2021

Le dernier Gardner... bah...

Après le roman de Karen Cleveland, l'excellent commentaire de Nicole sur le dernier Gardner a orienté mon choix. Mais voilà, même après avoir avalé plus de 75 % du livre, je n'étais toujours pas impressionnée.




Retrouve-moi de Lisa Gardner, paru aux Éditions Albin Michel en janvier 2021 (480 pages).

Découverte macabre à Boston : quatre membres d’une même famille sont retrouvés assassinés chez eux. La mère, deux de ses enfants et son compagnon. Seule une personne semble avoir échappé au massacre : Roxanna, 16 ans, la fille ainée. Des témoins affirment l’avoir vue sortir promener les chiens avant les coups de feu. Heureux hasard ou aveu de culpabilité ? En plongeant dans le passé de Juanita Baez, la mère de famille, l’enquêtrice D.D Warren découvre une histoire tourmentée entre alcool, violences et familles d’accueil, qui pourrait laisser croire à une vengeance. Pourtant plus l’enquête avance, plus la voix de Roxana victime ou suspecte, semble demander : « Retrouve-moi... »


Avec Retrouve-moi, on reconnaît d'emblée la méthode Lisa Gardner. Une méthode indiscutablement efficace. Les chapitres sont une alternance de narration de Flora Dane (apparue dans Lumière noire si mon souvenir est bon), du récit pour un travail scolaire de Roxanna, et de l'histoire en tant que telle avec D.D. Warren et sa suite. On voyage entre le présent, le passé et un temps indéterminé. Intéressant, mais je ne sais pas, je n'embarque pas dans l'histoire. La trame n'est ni solide ni originale, la traduction est discutable, et les invraisemblances si nombreuses... Mais on est en terrain connu avec les mêmes personnages principaux. J'ai vérifié mon impression auprès des critiques littéraires et je fais bande à part, de toute évidence. Les éloges à l'égard de ce roman sont unanimes : on l'adore! Je pense qu'à trop étirer la sauce, chez les auteurs prolifiques et chouchous, on me perd. Heureusement, j'ai retrouvé un peu de plaisir, après en avoir lu plus de 80 % toutefois, alors que le rythme s'accélérait et qu'il se produisait quelques revirements de situation. Je pense que ce n'était pas son meilleur...

dimanche 20 décembre 2020

Celle qui pleurait sous l'eau de Tackian

Hier soir, je m'installe dans mon lit pour lire. J'entends notre horloge coucou sonner 21, 22, 23 heures... et je suis toujours dans ce polar commencé la nuit précédente. Combien de fois me suis-je dit, ordonné même, de fermer ma liseuse et de dormir? Pour me réveiller à 3 heures du matin, incapable de me rendormir? J'allais donc aller jusqu'au bout de cette 'histoire! J'ai fermé ma liseuse vers 1 heure ce matin...



Celle qui pleurait sous l'eau de Niko Tackian (Éd. Calmann-Levy, 2020, 270 pages).

SI CLARA N’AVAIT PAS AIMÉ CET HOMME, ELLE SERAIT TOUJOURS EN VIE. Aujourd’hui, Clara n’est plus qu’un dossier sur le bureau de Tomar Khan. On vient de la retrouver morte, flottant dans le magnifique bassin Art Déco d’une piscine parisienne. Le suicide paraît évident. Tomar est prêt à fermer le dossier, d’autant qu’il est très préoccupé par une enquête qui le concerne et se resserre autour de lui. Mais Rhonda, son adjointe, veut comprendre pourquoi une jeune femme aussi lumineuse et passionnée en est venue à mettre fin à ses jours. Elle sent une présence derrière ce geste. Pas après pas, Rhonda va remonter jusqu’à la source de la souffrance de Clara. Il lui faudra beaucoup de ténacité – et l’appui de Tomar – pour venir à bout de cette enquête bouleversante. QUI RENDRA JUSTICE À CELLE QUI PLEURAIT SOUS L’EAU ?


J'ai regardé wiki et mon blog, et non, je n'avais jamais lu de Tackian. Je l'ai beaucoup aimé. Ah, ce roman n'est pas basé sur une histoire très originale (une suicidée trouvée flottant dans une piscine municipale, un super enquêteur mis sur la touche par une supérieure avide de pouvoir...), il y a plusieurs trous, plusieurs pistes (pourtant intéressantes) laissées en plan (comme ma curiosité...), mais les situations s'enchaînent à un rythme que j'aime et les personnages sont très attachants. Et j'ai fini par m'habituer à l'omniprésence du patois parisien et de la canicule. Je le recommande à ceux et celles qui aiment être entraînés dans une histoire sans cruauté gratuite, avec un héros qui s'en sort toujours.

vendredi 18 décembre 2020

Trois «petites» carottes!

 


J'avais trois carottes devant moi : «meurtre», «bibliothèque» et «78 pages» (en epub). Je «clique» donc sur Meurtre à la bibliothèque de Frank Andriat paru aux Éditions Mijade en 2020.


Résumé (aussi court que le roman) : Damien avait prévu de passer une bonne soirée à la bibliothèque en compagnie d'un écrivain célèbre. Mais un cadavre est retrouvé sur les lieux, obligeant l'ancien commissaire à reprendre du service et à choisir entre deux solutions, l'une morale et l'autre beaucoup moins.


Mon commentaire sera court également : un tout petit roman policier parfait pour initier un préadolescent à ce genre littéraire. Sans plus...



mardi 15 décembre 2020

La mariée de corail... là tu parles!

Ce n'était pas dans mes plans de lire la suite de Nous étions le sel de la mer de l'auteure québécoise Roxanne Bouchard, roman qui m'avait déçue, c'est le moins que je puisse dire (voir mon billet). Ca prenait bien mon amie Nicole pour me donner le goût de lire la suite...


La Mariée de corail (Éd. Libre Expression, 2020, 384 pages).

Sous l'eau, elle semblait flotter. Maintenant, son vêtement lui colle à la peau comme une algue encombrante. Sous l'eau, elle aurait pu devenir du corail. On aurait fait des bijoux avec ses ossements. Mais elle a décidé de remonter vers la surface. »Quand Joaquin Moralès est appelé à enquêter sur la disparition d'une capitaine de homardier, il hésite : son fils vient tout juste de débarquer chez lui, soûl comme un homme qui a tout perdu. Mais lorsque le corps d'Angel Roberts est retrouvé, il ne tergiverse plus, car cette femme, c'est aussi la fille de quelqu'un. La mer, dans ce roman policier poétique, évoque la filiation et fait remonter à la surface les histoires de pêcheurs, véridiques ou réinventées, de Gaspé jusqu'au parc Forillon.


Dès les premières pages, j'ai su que la plume de Bouchard avait changé, qu'elle avait corrigé les irritants du premier roman, qu'elle avait maturé. La trame est plus solide, les personnages (tellement) moins caricaturaux, les descriptifs moins clichés. Le suspense commence tôt et englobera habilement d'autres histoires en parallèle. Les rebondissements m'ont empêché de fermer le roman plus d'une fois. La lecture préalable de Nous étions le sel de la mer aide à la compréhension du contexte (même si on le connaît...) et des personnages... Ce ne sera pas un supplice, inquiétez-vous pas!

P.S. Merci Nicole!

mardi 1 décembre 2020

07.07.07 de Manzini, un roman policier «al dente»!

Antonio Manzini a commis 07.07.07 (Éd. Denoël, 2020, 400 pages), le cinquième de la série Rocco Schiavone (je n'ai pas lu les quatre premiers, évidemment...). Mon dernier polar italien remontait à des années, mais je vais m'y remettre, c'est certain!

Rocco Schiavone est le genre de sous-préfet romain qu’on adore détester : mine grincheuse, ton sarcastique et langage fleuri. Dans cet épisode, il se promène dans son passé, déambule dans la Ville éternelle qu’il connaît par cœur, fréquente quelques malfrats et fume des joints, de préférence le matin. Sa femme n’est pas encore devenue le fantôme de ses remords : elle est vivante, passionnée par son travail, dévouée à ses amis. Jusqu’à ce fatidique 7 juillet 2007, jour de sa disparition. Une enquête haletante de Rocco Schiavone qui ravira les amoureux du commissaire Montalbano, de l’Italie et des polars à l’humour grinçant.

Ma première rencontre avec Manzini et sûrement pas la dernière (si j'entreprends de lire les quatre premiers de la série, et surtout la suite, i.e. cinq autres toujours non traduits en français!). Il m'a décroché des sourires, m'a même fait rire, m'a émue. Les personnages sont tellement attachants, à l'humour intelligent, incisif. Pas de structures administratives compliquées dans ce bureau de police de Rome. On ne se formalise pas avec la paperasse ou la méthode. On est sur le terrain, on ressent les lieux, les odeurs, la chaleur, la pluie. Et on se déplace en scooter! Un roman policier «al dente» avec juste ce qu'il faut de suspense, de revirements, de répliques brillantes, d'humour, d'humain, pour me garder captive. L'auteur m'a laissée avec l'espoir d'une suite... merci!

Note : Comme il n'y a aucune référence aux histoires antérieures, la lecture préalable des quatre premiers de la série n'est pas nécessaire. Mais vous voudrez connaître la suite de 07.07.07!


mercredi 18 novembre 2020

Le premier du bord!

J'en ai trop, je le reconnais... Ma liseuse est obèse et d'autres attendent dans mon calibre. Mais j'aime avoir le pouvoir (si j'en ai un...) de choisir, de décider.Ma dernière lecture, c'était la première de ma PAL numérique.


Les Âmes traquées* de Martin Michaud (Ed. First Thriller, 2011, 413 pages).

Quand elle se réveille sur un lit d'hôpital, Isabelle Fortin apprend qu'elle a été victime d'un chauffard et sort tout juste du coma. Et pourtant, elle est persuadée d'avoir passé les 24 dernières heures avec un inconnu, Miles. Incapable d'accepter que cette rencontre n'était que le fruit de son imagination, elle va tout faire pour le retrouver... Et s'il ne s'agissait pas que d'un accident ? Et si le chauffeur de la voiture lui voulait du mal ? Y aurait-il un lien entre cette affaire et les meurtres des deux hommes tués exactement de la même manière à une journée d'intervalle ? C'est ce que tente d'élucider le commissaire Victor Lessard, pour faire oublier sa dernière bavure mais aussi pour ne pas penser à l'échec de sa vie familiale. Jusqu'à ce que son propre fils soit mêlé à ses recherches... Une jeune femme lancée à la poursuite d'un homme qui pourrait ne pas exister. Un enquêteur de la police de Montréal sur deux affaires inquiétantes. Un chasseur impitoyable qui pense que chacun doit payer pour ses fautes. Trois destins qui vont se croiser inéluctablement, pour le meilleur et pour le pire...

Mon avis. Ce n'était pas mon premier Martin Michaud, ayant lu le deuxième (je sais...) de sa série Victor Lessard (La Chorale du diable), mais j'ai retrouvé le plaisir qu'il m'avait donné à l'époque. En partant, les histoires (parce qu'il y en a plusieurs) s'entrecroisent et je dois me concentrer pour ne pas avoir le tournis. Mais une fois les personnages mis en place et les histoires départagées, je ne veux plus le lâcher. C'est bien écrit, c'est très dynamique et l'aboutissement est comme j'aime : «je n'aurais jamais pensé à ce gars-la....». Bref, j'ai eu beaucoup de plaisir! Un excellent polar! 

*Note : le roman a d'abord été édité en 2010 aux Éditions Goélette, au Québec, sous le titre Il ne faut pas parler dans l'ascenseur, puis il est paru en France en 2011 sous le titre Les âmes traquées chez First Thriller, le premier titre n'ayant pas été jugé très sexy pour un polar..., mais il faisait référence à un passage du bouquin).

dimanche 4 octobre 2020

On lit du scandinave!

Thème imposé pour notre rencontre d'octobre (si nos charmants et ingénieux fonctionnaires le veulent bien, évidemment!) : les auteurs de polars scandinaves. Parfait!  Pierre T. nous en a fait une liste et j'en ai quelques-uns en réserve!

Mon seul problème avec les romans scandinaves, c'est les noms de lieux, de personnes. Mon amie Nicole les saute, mais c'est plus fort que moi, je m'arrache les yeux et me chauffe les synapses à les lire. Pour le reste, il y a toujours le web pour nous montrer les lieux, souvent magnifiques.

Autre chose : j'ai encore commencé une série par la fin... sans même m'en douter tellement il n'y avait pas de références aux trois tomes antérieurs. Mais comme la fin laissait entrevoir une suite, j'ai fait une petite recherche pour découvrir non seulement que le tome 5 existe, mais qu'il n'est pas encore traduit.

J'ai tout de même eu beaucoup de plaisir avec ce roman d'Emilie Schepp, une auteure suédoise, La marque du père, paru aux Editions Harper Collins en 2020 (368 pages). 

Résumé. En ce début de soirée, Sam Witell s’absente de sa maison pour une course rapide. À son retour, il a tout perdu : sa femme a été assassinée, son fils, Jonathan, six ans, a disparu. L’œuvre d’un pédophile ? d’un psychopathe ? Sous la houlette de la procureure Jana Berzelius, les policiers Henrik Levin et Mia Bolander enquêtent. Si leur soupçon porte d’abord sur le père, ce dernier semble avoir un solide alibi. Pourtant, de nombreuses zones d’ombre subsistent dans cette famille en apparence bien lisse… Pourquoi la défunte mère était-elle dépressive ? Jana Berzelius doit démêler cette affaire aux ramifications complexes tandis que son passé de tueuse menace de refaire surface. Il va falloir frapper vite, et fort…

Mon avis. Superposition, entremêlement d'histoires, d'événements, de retours en arrière, mais d'une manière très habile. Le rythme va croissant et m'a fait dévorer le dernier tiers d'une traite. J'aurais aimé que Schepp approfondisse un peu plus le caractère, la psychologie de chaque personnage (c'est peut-être là que la lecture des trois premiers tomes m'aurait été utile), surtout les plus improbables comme Berzelius et Pena. La fin m'a laissée sur ma faim... Je garderai l'oeil ouvert pour le cinquième, Broder Jakob.

dimanche 27 septembre 2020

La Proie de Deon Meyer

La lecture de son 13 heures (Éd. Seuil, 2011) m'ayant laissé un bon souvenir de Deon Meyer, son dernier roman, La Proie (Éd. Gallimard, 2020, 576 pages) m'a donné l'envie de revisiter l'Afrique du Sud et sa plume.

Résumé. Au Cap, Benny Griessel et Vaughn Cupido, de la brigade des Hawks, sont confrontés à un crime déconcertant : le corps d’un ancien membre de leurs services, devenu consultant en protection personnelle, a été balancé par une fenêtre du Rovos, le train le plus luxueux du monde. Le dossier est pourri, rien ne colle et pourtant, en haut lieu, on fait pression sur eux pour qu’ils lâchent l’enquête. À Bordeaux, Daniel Darret, ancien combattant de la branche militaire de l’ANC, mène une vie modeste et clandestine, hanté par la crainte que son passé ne le rattrape. Vœu pieux : par une belle journée d’août, un ancien camarade vient lui demander de reprendre du service. La situation déplorable du pays justifie un attentat. Darret, qui cède à contre cœur, est aussitôt embarqué, via Paris et Amsterdam, dans la mission la plus dangereuse qu’on lui ait jamais confiée. Traqué par les Russes comme par les services secrets sud-africains, il ne lâchera pas sa proie pour autant…

Mon avis. D'abord, la traduction est bonne et les chapitres sont courts, ce que j'aime bien! Mais ça m'a pris du temps avant d'embarquer dans l'histoire... Étant donné le nombre de pages, j'ai décidé de continuer au-delà des cent premières, alors qu'on survole deux crimes impliquant Griessel et Cupido, les enquêteurs de la série Benny Griessel. Au fur et à mesure qu'on avance dans le roman, les histoires se rapprochent et finiront (désolée de dévoiler ce punch) par ne faire qu'une. Personnages attachants, vraisemblables. Le contexte socio-politique de l'Afrique du Sud est omniprésent, évidemment! En dépit de quelques relâchements de l'histoire (Griessel qui craint que sa blonde refuse de l'épouser, Cupido qui veut impressionner le fils de sa conjointe...), l'action se pointe enfin et le rythme s'accélère. Ce n'est pas un roman marquant de Meyer, mais il donne un point de vue éclairé sur la politique de cette partie du continent africain.

samedi 19 septembre 2020

Un autre Feuz!

L'engrenage du mal de Nicolas Feuz, publié en 2020 aux Éditions Slatkine & cie (300 pages). Une autre série (de trois) que je commence par la fin.  Lorsque je l'ai réalisé (après une soixantaine de pages), j'ai eu envie d'arrêter la lecture et lire les deux premiers, Le Miroir des âmes et L'Ombre du renard. Après, je me suis dit que c'était l'histoire de ma vie de lire les séries dans le désordre. Alors j'ai continué. Mais j'aurais dû... trop tard... j'assume!

Résumé : Frontière franco-suisse. Quatre hommes se réveillent dans une grotte souterraine. Aucun d’eux ne sait pourquoi il est là. Mais le temps presse, l’eau monte, menaçante. Ils ont une heure, pas une minute de plus, pour découvrir les liens qui les unissent. Au même moment, le procureur Norbert Jemsen et sa fidèle greffière Flavie Keller reprennent du service. Leur amie, l’inspectrice Tanja Sojkaj, a besoin d’aide pour retrouver celui qui a détruit sa famille. Une plongée vertigineuse au centre de la terre.

Mon avis. On fera de constants allers-retours dans le présent et le passé, à en donner le tournis. Mais Feuz est habile et connaît le contexte judiciaire. J'ai aimé les chapitres très courts et les séquences rapides. Les nombreuses références aux deux premiers romans de la série Norbert Jemsen m'ont fait regretter de ne pas les avoir lus avant. J'aurais sûrement mieux compris la psychologie des principaux personnages. C'est bien documenté : les lieux (les moulins souterrains) sont bien décrits (j'ai fait une petite recherche). C'est très bon, mais je n'ai toutefois pas éprouvé le même plaisir qu'avec Restez chez vous, probablement en raison des tomes non lus... faudra que je vérifie. Ma PAL monte, monte...

samedi 5 septembre 2020

La liste à l'envers... rien de renversant!

J'ai décidé de prendre le Calibre de mon nouveau portable à l'envers : lire le premier que j'y avais téléchargé. Je n'avais aucun souvenir de l'avoir fait (ça datait de plus d'une année...) et j'ai présumé que si je l'avais téléchargé, c'était parce que j'avais trouvé une bonne critique littéraire. J'ai donc ouvert Haine noire de Patrick Caujolle paru aux Éditions de Borée en 2018 (280 pages).

Résumé. Paris. 2ème arrondissement. 1er mai 2015. Ce matin-là, Jean-Emmanuel, archéologue, se rend sur son chantier. Ce qu'il découvre alors dépasse l'entendement. 6 cadavres démembrés. Une scène d'enfer face à lui. Un tombeau a disparu mais surtout les 6 crânes. Tous présentent la même particularité : 1 pieu de bois enfoncé dans l'orbite de l'oeil gauche. Quelques jours plus tard. Aux abords du Bras de la Monnaie. Paris toujours. Un corps est repêché de la Seine. Signe particulier : il manque la tête. Tête qui sera retrouvée peu de temps après dans une poubelle, un bout de ferraille enfoncé dans l'orbite de l'oeil gauche. 2 affaires. 2 services de police. 1 particularité.

Mon avis. J'ai passé à ça (une couple de millimètres entre mon pouce et mon index) de l'abandonner après les trois ou quatre premiers chapitres, mais je suis comme ça : je termine (presque) toujours ce que je commence. Et finalement j'ai embarqué dans l'histoire somme toute pas banale avec des recoupements d'archéologie, de satanisme, de terrorisme islamique, de jalousie... Outre le dialecte de nos cousins français, c'est leur logorrhée bien typique qui m'agaçait. Heureusement la trame de l'histoire était intéressante et faisait oublier certains irritants. Comme la fin que j'imaginais plus spectaculaire... Ah! et je ne comprends ni le titre ni la couverture qui n'ont rien à voir avec l'histoire : un autre piège pour les visuels... Je suis en train de justifier mon choix là...

lundi 3 août 2020

Ben oui, encore Harry!

Je viens de terminer Mariachi Plaza de Michael Connelly (Éd. Calmann-Lévy, 2016, 432 pages). Je suis une faible devant un Connelly, devant Harry... Il m'en reste (heureusement) en réserve, que je garde pour les jours, les nuits, où je veux me faire plaisir!


Résumé. Lorsque, dix ans après les faits, le mariachi Orlando Merced succombe à ses blessures, l’inspecteur Harry Bosch hérite d’un vrai cas d’école à enseigner à la jeune inspectrice Lucia Soto. Hormis une balle retrouvée à l’autopsie, les pistes sont inexistantes. Plus ennuyeux, et dangereux pour Bosch, Lucia semble beaucoup s’intéresser à un autre dossier, et mettre son nez là où il ne faut pas. Très ébranlé par la nature de cette deuxième affaire, Bosch décide de passer outre au règlement et de mener les deux enquêtes de front, malgré les risques encourus dans une ville où la passion politique l’emporte sur tout.

Mon avis. Connelly ne m'a jamais déçue. Jamais. Harry non plus. Dans Mariachi Plaza, il mène deux enquêtes de front : deux cold cases dont un imposé par la nouvelle recrue avec qui il est jumelé, dossiers qui, contre toute attente, seront reliés. Comme dans les autres Bosch, la politique et la corruption - et le jazz! - sont toujours en arrière-plan. La recette fonctionne! Un Connelly, c'est une valeur sûre! Dois-je ajouter que je le recommande?

vendredi 26 juin 2020

«Mixed feelings»

Désolée pour l'anglicisme... Je trouvais que la traduction en français (sentiments partagés) ne correspondait pas à ce que je ressentais suite à la lecture de Meurtre sur la digue de Janwillem Van de Wetering (Ed. Rivages/Noir, 2004, 304 pages). Wiki m'apprend qu'il est le troisième de la série Grijpstra et De Gier qui en compte 18.

JANWILLEM VAN DE WETERING - Meurtre sur la digue - Romans ...Résumé : Sur la digue, un homme a été assassiné dans sa propre demeure. On a tiré sur lui du fond du jardin alors qu'il se tenait devant la fenêtre. Il s'appelait Tom, ne parlait à personne et ne travaillait apparemment pas. Ce misanthrope contemplatif et désabusé s'était retiré du monde. Qui pouvait lui en vouloir ? Devant l'absence de mobile et l'improbabilité du suspect principal (une voisine qui a le tort d'être une tireuse d'élite), De Gier, Grijpstra et le commissaire se demandent s'ils ne se trouvent pas devant le plus beau des crimes gratuits. Mais sur la digue vivent aussi d'autres gens : une bande de marginaux plus ou moins voleurs dont le chef semble être le chat botté, un homme des plus serviables, toujours vêtu d'un costume de velours. Comment relier tous ces personnages à la victime ? C'est alors qu'allongé près de son chat, De Gier pense que le crime a peut-être été commis par erreur.

Mon impression. J'avais l'impression de lire une mauvaise imitation de Maigret (et j'adore Maigret, d'où mes «mixed feelings»!).  Ca se passe à Amsterdam mais sans plus. Les descriptions sont si pauvres que l'action pourrait se passer à Ste-Marthe-sur-le-Lac qu'on y croirait. Peu d'action mais compte tenu du contexte et de l'époque, c'est plausible. La trame de l'histoire est peu originale et les principaux personnages... comment dire... sont ennuyants! Et que dire de la fin! Comme ça commence à bouger, pouf! c'est fini! Ne perdez pas votre précieux temps de lecture avec ça!

jeudi 4 juin 2020

Aller aux z'îles quand même!

(Autre) Dommage collatéral des décrets gouvernementaux, à moins d'un revirement de situation in extremis, il sera impossible de se rendre aux Iles de la Madeleine par la route en 2020. Qu'à cela ne tienne, on peut s'y rendre par les romans de Jean Lemieux, auteur assez prolifique dont on entend peu parler, et médecin ayant pratiqué dans cet archipel.



Parmi ses romans, j'ai choisi Le Mort du Chemin des Arsène, paru aux Éditions La Courte Échelle en 2011 (500 pages).

Résumé : Le soleil brillait entre l'île d'Entrée et l'Île du Havre-Aubert. Surprenant buvait sa quatrième tasse de café quand, à sept heures trente-deux, la sonnerie du téléphone fit se dresser les oreilles de Chat. C'était Marchessault. On avait trouvé le cadavre d'un homme dans le salon de sa maison du chemin des Arsène, à l'Étang-du-Nord.  Mort naturelle ? s'informa Surprenant en sentant son pouls s'accélérer. Avoir un trou d'un demi-pouce dans la poitrine, je dirais pas que c'est naturel. Romain Leblanc est trouvé mort dans sa maison, aux Îles-de-la-Madeleine. Une carabine posée sur ses jambes, les portes verrouillées, tout laisse croire que l'homme s'est suicidé. Cependant, le sergent-détective André Surprenant est sceptique. Pourquoi Romain Leblanc, musicien au sommet de sa gloire, coureur de jupons notoire, et venant de faire un gros héritage, se serait-il enlevé la vie? Au fil de son enquête, André Surprenant découvre peu à peu que, dans cet archipel sauvage et coloré, chaque secret en cache un autre...? Un polar passionnant qui se dévore jusqu'à la dernière page.

Mon appréciation : Quiconque a mis les pieds aux Iles reconnaîtra et les lieux et les Madelinots. J'y suis allée une quinzaine de fois. Nous y retrouvions nos amis planchistes venus des quatre coins de la province. 

J'ai beaucoup aimé ce roman policier et la plume de Jean Lemieux. Il a le sens du suspense et le regard de l'outsider sur cette communauté insulaire. Le protagoniste de ce roman est attachant, crédible. Les descriptions des lieux sont dignes d'un guide Ulysse. La trame de fond est «originale» parce qu'elle se déroule aux Iles de la Madeleine. L'aboutissement de l'enquête m'a légèrement déçue; je m'attendais à plus d'action... Pour les souvenirs des belles vacances passées là-bas, je le recommande.

lundi 25 mai 2020

Darktown ou retour dans le temps

Darktown de Thomas Mullen (Ed. Rivages, 2018, 427 pages).

Je ne connais pas parfaitement mon histoire canadienne, mon histoire québécoise... imaginez l'histoire américaine! Mais j'ai entendu parler de la ségrégation raciale américaine, la trame de fond de ce roman plus «noir» (sans jeu de mots!) que «policier».

Le roman, premier d'une série de trois, est bien documenté. Les personnages sont bien campés, crédibles, parce que c'est une histoire vraie. Le rythme relativement égal reflète bien celui de l'époque (1948). L'auteur réussit par son écriture intelligente à nous faire ressentir toute la force, la volonté, mais surtout la frustration qui animent cette communauté noire d'Atlanta, aussi bien que la haine, le racisme que les jeux politiques des américains blancs.

J'ai passé des heures bien agréables à le lire et je le recommande, ne serait-ce que pour se rappeler du courage et de la détermination des noirs américains qui, encore aujourd'hui, subissent les contre-coups vicieux du profilage racial de nos institutions policières.


Résumé. DarktownAtlanta, 1948. Sous le mandat présidentiel de Harry S. Truman, le département de police de la ville est contraint de recruter ses premiers officiers noirs. Parmi eux, les vétérans de guerre Lucius Boggs et Tommy Smith. Mais dans l'Amérique de Jim Crow, un flic noir n'a le droit ni d'arrêter un suspect, ni de conduire une voiture, ni de mettre les pieds dans les locaux de la vraie police. Quand le cadavre d'une femme métisse est retrouvé dans un dépotoir, Boggs et Smith décident de mener une enquête officieuse. Alors que leur tête est mise à prix, il leur faudra dénouer un écheveau d'intrigues mêlant trafic d'alcool, prostitution, Ku Klux Klan et corruption.« Darktown revisite un chapitre négligé de l'histoire des États-Unis, et résonne avec les luttes raciales d'aujourd'hui. » Charles Frazier« Se lit comme le meilleur de James Ellroy. » Publishers Weekly« Superbe. » Ken Follett

lundi 18 mai 2020

Hervé Commère : Coup de coeur!

Une épigraphe des Rita Mitsouko : «On est responsable du feu qu'on a allumé».  Je sens qu'on va bien s'entendre, Hervé Commère et moi.


Ce qu'il nous faut c'est un mort. Publié chez Fleuve Noir en 2016. Prix du Polar lycéen d'Aubusson 2019. 400 pages.

Résumé (source : Lisez.com) Trois garçons pleins d’avenir roulent à flanc de falaise. C’est la nuit du 12 juillet 1998, celle d’I will survive. Ce que la chanson ne dit pas, c’est à quel prix. Les Ateliers Cybelle emploient la quasi-totalité des femmes de Vrainville, Normandie. Ils sont le poumon économique de la région depuis presque cent ans, l’excellence en matière de sous-vêtements féminins, une légende – et surtout, une famille. Mais le temps du rachat par un fonds d'investissement est venu, effaçant les idéaux de Gaston Lecourt, un bâtisseur aux idées larges et au cœur pur dont la deuxième génération d'héritiers s’apprête à faire un lointain souvenir. La vente de l'usine aura lieu dans l'indifférence générale. Tout le monde s’en fout. Alors ce qu’il faudrait, c’est un mort.  De la corniche aux heures funestes de Vrainville, vingt ans se sont écoulés. Le temps d’un pacte, d’un amour, des illusions, ou le temps de fixer les destinées auxquelles personne n’échappe.

Mon appréciation. Une critique trouvée sur un site (je ne me rappelle plus lequel....) le décrivait comme un polar social. Et j'y ai réfléchi une bonne partie du roman, pour finalement comprendre ce qu'elle voulait dire. Avec ses enchevêtrements habiles d'événements survenus un même soir à des endroits différents, l'auteur nous amène aux confins de la Normandie, dans un petit «village gaulois» où tous les habitants sont reliés par le travail dans une usine de sous-vêtements. Beaucoup d'allers-retours dans le passé, et même le futur.  Les personnages sont solides, l'histoire originale. L'enquête policière ouverte suite à un accident mortel déguisé en suicide, nous révélera des petites surprises. C'est un polar «soft», bien construit, intelligent, avec une finale philosophique.

lundi 4 mai 2020

Kallentoft nous ramène en hiver!

Hiver, publié aux éditions Points en 2011, 504 pages. Le premier de la série UNE ENQUÊTE DE MALIN FORS. Ma première rencontre avec l'auteur suédois Mons Kallentoft. Je me suis (encore) laissé séduire par la couverture. Je n'avais préalablement lu aucune critique; je n'avais donc aucune attente.


Résumé : Mardi 31 janvier, 7h22 du matin, il fait encore nuit à Ostergötland. Ce mois de février est l’un des plus froids qu’on ait connu en Suède. Ce matin-là, la jeune Malin Fors et ses collègues de la Criminelle découvrent un cadavre, nu et gelé, attaché à une branche d’arbre, une corde autour du cou. Qui est cet homme ? Comment a-t-il fait pour se pendre ainsi ? Meurtre ? Suicide ? D’où viennent les blessures qui recouvrent son corps ? Petit à petit, Marlin et Zeke, son coéquipier, découvrent que Bengt Andersson a un passé de psychopathe ce qui les mènera à Maria Murvall, une amie de Bengt. D’indices en indices, de nouveaux personnages s’ajouteront à l’enquête : les trois frères de Maria, suspectés d’un viol dont leur sœur fut victime, Joachim et Markus, deux adolescents pas très nets, et enfin, Valkyria et Rickard Skoglöf, deux individus marginaux dont les croyances vikings et l’exhibition sur Internet laissent les policiers perplexes.

Mon appréciation

Ca commence bien : un homme de plus de 300 livres est retrouvé pendu, et préalablement agressé, à une branche à plusieurs mètres du sol... Et ce mort sera le narrateur sporadique tout au long du roman (ceux qui croient qu'il y a une «vie» après la mort seront bien servis!). L'auteur va ensuite étirer la sauce jusqu'aux 80 dernières pages où certains rebondissements ont ravivé et maintenu mon intérêt jusqu'à la fin. La trame de fond, c'est le froid qui est omniprésent, qui s'infiltre dans les gestes, les lieux, les situations. Les principaux personnages sont bien campés et crédibles; l'auteur les enfile d'une manière intelligente dans des chapitres courts, mais comme c'est le premier de la série, je présume qu'il les aura mieux développés dans les suivants. Ce sera à confirmer avec la lecture (éventuelle) du second, Été, publié en 2008. Si vous aimez les polars «soft», je vous le recommande.

mardi 28 avril 2020

Ballard et Bosch, duo parfait!

Je viens de terminer Nuit sombre et sacrée de Michael Connelly (qui n'a plus besoin de présentation...), un polar de 432 pages publié aux éditions Calmann-Lévy en 2020. Il est le second de sa série Renée Ballard, une nouvelle inspectrice placée sur la route de Bosch, le premier étant En attendant le jour, publié en 2019 et que j'avais beaucoup aimé.


Résumé : Harry Bosch-Renée Ballard : le face-à-face tant attendu... En revenant au commissariat d’Hollywood après une mission de son quart de nuit, l’inspectrice Renée Ballard tombe sur un inconnu en train de fouiller dans les meubles à dossiers. L’homme, elle l’apprend, est un certain Harry Bosch, un ancien des Homicides du LAPD qui a repris du service au commissariat de San Fernando, où il travaille sur une affaire qui le ronge depuis des années. D’abord sceptique, Ballard le chasse puis, intriguée, ouvre le dossier qu’il feuilletait… et décide de l’aider. La mort de Daisy Clayton, une fugueuse de quinze ans kidnappée, assassinée, puis jetée dans une benne à ordures, a, c’est vrai, de quoi susciter toute son empathie et sa colère. Retrouver l’individu qui a perpétré ce crime abominable devient vite la mission commune de deux inspecteurs aux caractères bien trempés et qui, peu commodes, ne s’en laissent pas conter par les ruses de l’un et de l’autre pour parvenir à leurs fins.


Mon appréciation


Quand je parle de Bosch, je ne peux pas être objective. C'est mon personnage chouchou! Avec Nuit sombre et sacrée, comme dans tous ses romans, Connelly est une fois de plus brillant.  Il donne le rythme et le ton dès les premières pages, et ce, jusqu'à la fin. Le contexte est tout ce qu'il y a de plus L.A. avec sa faune humaine bigarrée. Personnages bien campés, Ballard et Bosch sont bien arrimés. L'aboutissement de ce roman nous révèle un Bosch qui devient justicier... ça promet pour la suite, The Night Fire dont la traduction en français est promise pour 2020. Roman chaudement recommandé.



lundi 20 avril 2020

Si Nicole le dit!

Mon amie Nicole a dit (plutôt écrit) la phrase magique pour me convaincre de lire Indridason : «C'est comme ton vieux Bosch!» Et elle me recommandait celui-ci...

Les Nuits de Reykjavik, d'Arnaldur Indridason Traduit de l'islandais par Eric Boury, éd. Métailié, 2016, 264 p.

A la mi-juillet, les nuits de Reykjavik sont claires et ensoleillées. Tout particulièrement en cette année 1974, quand les Islandais s'apprêtent à célébrer les 1 100 ans de la colonisation de leur île. Le cœur est à la fête. Mais il en est un que cette gaieté oppresse. Il a 28 ans, vient d'entrer dans la police, use ses nuits à panser les plaies de la poisse urbaine : conduites en état d'ivresse, tapages nocturnes, femmes battues. Il est infatigable, toujours concerné, débordant d'attention et d'empathie. Au matin, l'uniforme replié, il ne trouve aucun repos, hanté par ceux qu'il a croisés, poursuivi par les victimes oubliées ou maltraitées, comme ce clochard retrouvé noyé dans une tourbière, à qui personne ne cherche vraiment à rendre justice.
Erlendur Sveinsson, dont les lecteurs du monde entier suivent depuis des années la trajectoire, ne lâche jamais, consolateur des morts, brûlé par les fantômes de son enfance, brusquement enfuie, un jour de tempête dans les fjords de l'Est, perdue en même temps que son petit frère disparu dans la neige. Arnaldur Indridason revient sur les débuts de son héros. Il en dresse un portrait intime, infiniment sensible, empreint d'une poésie douloureuse qui touche au cœur et à l'âme. Michel Abescat

Mon appréciation du roman : 

Le rythme lent, mais inhérent aux pays nordiques, je l'ai trouvé ennuyant en partant. Rien à voir avec un roman policier américain, c'est certain! Mais au fur et à mesure que j'avançais dans le roman, je m'adaptais au pays, aux jours et nuits de 24 heures, au tempérament de ce peuple nordique. Un pays où les gens n'ont qu'un prénom... Bref, une fois adaptée au contexte et aux noms de lieux imprononçables que j'éludais, j'ai pu apprécier la qualité de la plume d'Indridason. Les personnages sont bien campés et crédibles. Le contexte se tient. L'intrigue a été maintenue jusqu'au bout et certains éléments non conclus laissent entrevoir une suite que je me propose de lire éventuellement.



En documentant cette publication, j'ai appris un mot nouveau du domaine littéraire : préquel. 

(n.m.) Épisode d'une œuvre dont l'action se situe avant celle des épisodes précédents.




J'aime apprendre... Ca garde le hamster en forme!

mercredi 15 avril 2020

Daronne (définition) : mère..

La Daronne de Hannelore Cayre*, Ed. Points, 192 pages, 2020, que j'ai choisi en raison de son bandeau... Un piège, me direz-vous? On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre!

Résumé : « On était donc fin juillet, le soleil incendiait le ciel ; les Parisiens migraient vers les plages, et alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e dpj.
– Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.
J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une simple traductrice-interprète judiciaire et je n’avais pas encore une tonne deux de shit dans ma cave. »
Comment, lorsqu’on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l’existence… qu’on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l’eau tout en élevant ses enfants… qu’on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir… on en arrive à franchir la ligne jaune ?

* Hannelore Cayre est avocate pénaliste à Paris. Elle est notamment l'auteure de Commis d’office, qu’elle a porté elle-même à l’écran.



Mon appréciation. Mon premier contact avec cette auteure, et sûrement pas le dernier. Son petit roman de moins de 200 pages, je l'ai trouvé distrayant, rafraîchissant (j'avais besoin de ça...). Aucune complaisance. Narration au «je» de la protagoniste qui revient souvent aux moments marquants de son enfance passée avec des parents atypiques.  Une femme rebelle, «groundée», lucide, adaptée à la réalité humaine qui l'entoure, d'une grande assurance. Dans le roman, contrairement à la version cinématographique dans laquelle on a comblé les «trous» de l'histoire, la police des stupéfiants n'est pas mise à l'avant-plan; c'est la toile de fond du roman, mais elle est discrète. Le rythme est relativement égal mais pas enlevant, mais vu le nombre de pages, ce n'est pas un irritant. De là à être sacré Prix Le Point du polar européen... À la fin, je comprends que l'on ait adapté ce roman au grand écran : il s'y prête très bien. Lecture de vacances... ou de confinement!


La bande annonce du roman adapté au grand écran. 

samedi 11 avril 2020

Dard, mon plaisir coupable!

Frédéric Dard, on l'aime ou pas... J'ai trop de doigts dans une seule main pour compter les personnes qui l'aiment dans mon entourage. Mais, moi, son commissaire San-A., c'est mon pote de vacances, de vraies vacances... J'en amène toujours une dizaine dans mes bagages.






La rate au court-bouillon, Ed. Fleuve Noir, 1965, 137 pages en format numérique).

Résumé : Je ne pouvais pas imaginer qu'un jour je verrais un spectacle pareil ! Bérurier évoluant parmi l'élite mondiale, cohabitant avec tout ce que la Terre a pu produire comme rois, reines, présidents, milliardaires, sommités artistiques... Je vous jure qu'il faut avoir vu ça au moins une fois dans son existence ! Et si tout ce gratin (dont nous étions) n'avait pas été à deux doigts de l'anéantissement atomique, j'aurais ri, mais ri, à m'en mettre la rate au court-bouillon !

Dard, je l'aime pour son intelligence, pour son habileté à jouer avec les mots, pour ses calembours, parce qu'il est irrévérencieux, parce qu'il me fait rire, et qu'en cette période de confinement, c'est bienvenu le rire! Ses personnages sont inclassables! Dard voit et entend des choses qui échappent au commun des mortels. Ses romans sont courts et s'intercalent très bien entre deux «briques» ou deux lectures plus «heavy». Mon plaisir coupable!