vendredi 18 décembre 2020

Trois «petites» carottes!

 


J'avais trois carottes devant moi : «meurtre», «bibliothèque» et «78 pages» (en epub). Je «clique» donc sur Meurtre à la bibliothèque de Frank Andriat paru aux Éditions Mijade en 2020.


Résumé (aussi court que le roman) : Damien avait prévu de passer une bonne soirée à la bibliothèque en compagnie d'un écrivain célèbre. Mais un cadavre est retrouvé sur les lieux, obligeant l'ancien commissaire à reprendre du service et à choisir entre deux solutions, l'une morale et l'autre beaucoup moins.


Mon commentaire sera court également : un tout petit roman policier parfait pour initier un préadolescent à ce genre littéraire. Sans plus...



jeudi 17 décembre 2020

Kukum de Michel Jean

Kukum, ce roman de Michel Jean, est sur plusieurs tribunes ces dernières semaines. On l'a réédité tant il est vendu. Et il se retrouve sur la liste de lectures suggérées par des personnalités (tiens, je devrais en produire une...). Ce ne sont pas des motifs pour m'inciter à lire un roman, mais comme je veux participer au club de lecture en ligne d'Espace littéraire le 4 janvier prochain et qui portera sur Kukum (Éd. Libre expression, 2019, 224 pages), autant m'y attaquer.


Ce roman retrace le parcours d'Almanda Siméon, une orpheline qui va partager sa vie avec les Innus de Pekuakami. Amoureuse d'un jeune Innu, elle réussira à se faire accepter. Elle apprendra l'existence nomade et la langue, et brisera les barrières imposées aux femmes autochtones. Almanda et sa famille seront confrontées à la perte de leurs terres et subiront l'enfermement des réserves et la violence des pensionnats. Racontée sur un ton intimiste, l'histoire de cette femme, qui se déroule sur un siècle, exprime l'attachement aux valeurs ancestrales des Innus et au besoin de liberté qu'éprouvent les peuples nomades, encore aujourd'hui.

C'est un bel hommage que Michel Jean fait à sa grand-mère en lui donnant la parole, parce que c'est essentiellement ça : il l'a écoutée lui raconter sa vie et l'a lui-même racontée pour qu'elle ne tombe pas dans l'oubli. Rien de prétentieux, juste la transmission orale propre au peuple autochtone de connaissances, d'expériences, d'un mode de vie, d'une culture qu'on connaît à peine. J'ai aimé qu'il ajoute une carte géographique, des photos de membres de sa famille. On essaie d'imaginer le reste... Et la fin : on comprend encore mieux. Un roman inspirant le respect, l'admiration, d'une femme à la base de sa lignée. 

mardi 15 décembre 2020

La mariée de corail... là tu parles!

Ce n'était pas dans mes plans de lire la suite de Nous étions le sel de la mer de l'auteure québécoise Roxanne Bouchard, roman qui m'avait déçue, c'est le moins que je puisse dire (voir mon billet). Ca prenait bien mon amie Nicole pour me donner le goût de lire la suite...


La Mariée de corail (Éd. Libre Expression, 2020, 384 pages).

Sous l'eau, elle semblait flotter. Maintenant, son vêtement lui colle à la peau comme une algue encombrante. Sous l'eau, elle aurait pu devenir du corail. On aurait fait des bijoux avec ses ossements. Mais elle a décidé de remonter vers la surface. »Quand Joaquin Moralès est appelé à enquêter sur la disparition d'une capitaine de homardier, il hésite : son fils vient tout juste de débarquer chez lui, soûl comme un homme qui a tout perdu. Mais lorsque le corps d'Angel Roberts est retrouvé, il ne tergiverse plus, car cette femme, c'est aussi la fille de quelqu'un. La mer, dans ce roman policier poétique, évoque la filiation et fait remonter à la surface les histoires de pêcheurs, véridiques ou réinventées, de Gaspé jusqu'au parc Forillon.


Dès les premières pages, j'ai su que la plume de Bouchard avait changé, qu'elle avait corrigé les irritants du premier roman, qu'elle avait maturé. La trame est plus solide, les personnages (tellement) moins caricaturaux, les descriptifs moins clichés. Le suspense commence tôt et englobera habilement d'autres histoires en parallèle. Les rebondissements m'ont empêché de fermer le roman plus d'une fois. La lecture préalable de Nous étions le sel de la mer aide à la compréhension du contexte (même si on le connaît...) et des personnages... Ce ne sera pas un supplice, inquiétez-vous pas!

P.S. Merci Nicole!

samedi 12 décembre 2020

Roxane Bouchard... pour lire «léger»

Nicole, ma référence en lecture, venait de le lire et avait apprécié son rythme (elle voulait lire «léger»). Nous étions le sel de la mer, de Roxane Bouchard, publié aux Éditions VLB en 2014 (350 pages). J'avais vu passer des commentaires favorables lorsqu'est parue la suite de cette série (parce que ce sera apparemment une série), La Mariée de corail.



« C'est Vital. Ça a l'air qu'il a ramassé un cadavre dans ses filets. Il l'a dit dans sa radio. Tu veux qu'on t'en raconte, des histoires de marins ? Reste avec nous autres pis tu vas en voir, la p'tite ! » Ce matin-là, Vital Bujold a repêché le corps d'une femme qui, jadis, avait viré le cœur des hommes à l'envers. En Gaspésie, la vérité se fait rare, surtout sur les quais de pêche. Les interrogatoires dérivent en placotages, les indices se dispersent sur la grève, les faits s'estompent dans la vague, et le sergent Moralès, enquêteur dans cette affaire, aurait bien besoin d'un double scotch.


Je vais être franche. Moi, le patois de la Gaspésie-Iles de la Madeleine, je m'en lasse vite. Et dans ce roman, Bouchard s'en sert à profusion pour que le lecteur identifie les personnages tout au long du roman. Et ça, ça m'a énervée au point de faire comme Nicole avec les romans islandais ou suédois, c'est à dire «sauter» les tics langagiers «caricaturaux» pour aller à l'essentiel du dialogue. J'ai par contre beaucoup aimé l'insertion des passages de la lettre laissée par la mère à sa fille. C'est plein de poésie et de profondeur. C'est bien écrit, sans longueurs, avec peu d'invraisemblances compte tenu des us et coutumes de cette région. C'est un roman policier au rythme lent et sans grandes surprises, parce qu'il y a un enquête, mais la trame est toute autre à mon avis, même si pas très claire;  elle se précise dans le dernier tiers du roman heureusement. Même si j'en recommande la lecture, je ne sais toujours pas si je lirai la suite. 


mardi 8 décembre 2020

Pause polar : La femme qui rit, de Brigitte Pilote

Je sais, ce n'est pas un polar... et après? Je ne suis pas si bornée, si psychorigide... non? Est-ce ma façon de «bouder» parce qu'on a mis notre club de lecture de romans policiers en pause à cause de vous savez quoi?


N'empêche que j'ai bien aimé ce roman de Brigite Pilote, la soeur de l'autre, Marcia, La femme qui rit paru aux Éditions du Seuil en 2020 (160 pages).


Depuis la mort de sa femme, Émile Sever mène avec son fils une existence recluse sur la ferme familiale, jusqu’au jour où il se résout à engager une domestique. Celle qui se présente a un passé mystérieux, une volonté farouche de s’ancrer quelque part. Aussi Florian l’accueille-t-il avec hostilité. Son père, obsédé par la transmission de son patrimoine à sa descendance, se prend à imaginer qu’elle pourrait être la parfaite épouse. Florian se fait à l’idée, d’autant que cela lui permet de préserver son jardin secret. Et l’enfant paraît. Portrait d’un monde terrien, où les êtres se débattent avec leurs désirs, La Femme qui rit sonde les âmes qui vacillent sous le poids des traditions. Ce roman âpre et fascinant, poignant jusqu’au dénouement radical, confirme la voix singulière de cette autrice québécoise.


L'auteure va à l'essentiel avec une économie de descriptions et de dialogues au profit de réflexions profondes, d'un vocabulaire riche. Les personnages, attachants, on est dans leur tête, dans leurs pensées, sans filtres... On n'est quelque part en Europe, en milieu rural, à une certaine époque (pas si lointaine), et ce n'est pas important. Il n'y a pas de longueurs, on saute les détails, on relie les bouts de vie parce que ce qui se passe entre eux n'apporterait rien de plus à la compréhension de la psychologie des personnages. Finalement, ça été un bon choix littéraire.


dimanche 6 décembre 2020

Elizabeth Little à saveur Agatha!

Les filles mortes ne sont pas aussi jolies, d'Elisabeth Little (Ed. Sonatine, 2020, 350 pages), un titre intrigant, une couverture aussi intrigante que magnifique, un résumé séducteur. Je suis curieuse. Ma première rencontre avec Elizabeth Little.

« Donnez-moi un film, et je trouverai la vérité. » Au départ, elle n’a rien d’une enquêtrice. Timide, un brin asociale, elle s’efforce d’éviter les ennuis. Marissa Dahl est surtout une étonnante monteuse de films. Engagée sur un long métrage dont le tournage a lieu sur Kickout Island, elle fait la connaissance du metteur en scène Tony Rees, réputé pour son comportement tyrannique. Très vite, elle comprend que quelque chose ne tourne pas rond : une atmosphère de secrets et de paranoïa, des acteurs persécutés… Le film reconstitue une histoire vraie, celle du meurtre non élucidé, vingt ans plus tôt, de Caitlyn Kelly. Pourquoi un tel projet ? Marissa n’en sait pas assez. Elle veut en savoir plus, bientôt elle en saura trop. Alors, il sera trop tard pour revenir en arrière…




Je m'attendais à autre chose. Je ne sais pas quoi, mais autre chose. D'un chapitre à l'autre, même si mon intérêt allait croissant, je me disais que ce roman s'adressait plus aux adolescentes, et même qu'il avait la saveur d'un Agatha Christie. La trame est pourtant assez solide et les personnages attachants. A part quelques rebondissements intéressants, l'histoire est relativement banale. Quant aux très nombreuses références cinématographiques, elles ne m'ont pas impressionnée, mais je dois reconnaître que je ne suis vraiment pas cinéphile. Je pense que c'est une agréable lecture de vacances, qui ne vous empêchera pas de dormir.
 

mardi 1 décembre 2020

07.07.07 de Manzini, un roman policier «al dente»!

Antonio Manzini a commis 07.07.07 (Éd. Denoël, 2020, 400 pages), le cinquième de la série Rocco Schiavone (je n'ai pas lu les quatre premiers, évidemment...). Mon dernier polar italien remontait à des années, mais je vais m'y remettre, c'est certain!

Rocco Schiavone est le genre de sous-préfet romain qu’on adore détester : mine grincheuse, ton sarcastique et langage fleuri. Dans cet épisode, il se promène dans son passé, déambule dans la Ville éternelle qu’il connaît par cœur, fréquente quelques malfrats et fume des joints, de préférence le matin. Sa femme n’est pas encore devenue le fantôme de ses remords : elle est vivante, passionnée par son travail, dévouée à ses amis. Jusqu’à ce fatidique 7 juillet 2007, jour de sa disparition. Une enquête haletante de Rocco Schiavone qui ravira les amoureux du commissaire Montalbano, de l’Italie et des polars à l’humour grinçant.

Ma première rencontre avec Manzini et sûrement pas la dernière (si j'entreprends de lire les quatre premiers de la série, et surtout la suite, i.e. cinq autres toujours non traduits en français!). Il m'a décroché des sourires, m'a même fait rire, m'a émue. Les personnages sont tellement attachants, à l'humour intelligent, incisif. Pas de structures administratives compliquées dans ce bureau de police de Rome. On ne se formalise pas avec la paperasse ou la méthode. On est sur le terrain, on ressent les lieux, les odeurs, la chaleur, la pluie. Et on se déplace en scooter! Un roman policier «al dente» avec juste ce qu'il faut de suspense, de revirements, de répliques brillantes, d'humour, d'humain, pour me garder captive. L'auteur m'a laissée avec l'espoir d'une suite... merci!

Note : Comme il n'y a aucune référence aux histoires antérieures, la lecture préalable des quatre premiers de la série n'est pas nécessaire. Mais vous voudrez connaître la suite de 07.07.07!